Sång, Johanna Gustawsson.

J’ai lu les deux romans précédents de Johanna Gustawsson : Mör et Block 46 et je les ai beaucoup aimés. Ma famille m’avait offert Sång et je le gardais de côté pour un jour de flemme, ce moment où on ne sait pas quoi lire et pas quoi choisir en regardant sa pile à lire qui déborde… Et ce jour est venu. Alors, j’ai sorti mes lectures doudous (oui, des polars…, ne me jugez pas!)

L’histoire se déroule en Suède: une famille est massacrée dans sa luxueuse maison et les enquêteurs sont ébranlés car c’est la famille de l’une d’entre eux qui a été tuée. Aliénor revient donc en Suède, rejointe par Emily Roy. Avec l’aide d’Alexis Castells et du commissaire Bergström, ils remontent la piste du tueur, et cela les mène aux confins de l’histoire, jusqu’à la guerre civile espagnole.

Une fois de plus, il a été facile de se replonger dans la narration mise en place par Johanna Gustawsson, alors même que cela faisait plus d’un an que j’avais quitté ses personnages. Il m’a fallu quelques pages pour resituer chacun précisément, mais sincèrement, cela n’a pas été un obstacle à la lecture. La narration met très vite en place l’alternance présent de l’enquête en Suède / passé en Espagne et une temporalité intermédiaire, nous présentant une femme d’âge mûr en proie à des démons intérieurs et des souffrances personnelles intenses. Cette alternance rapide des chapitres nous tient en haleine et maintient notre appétit pour l’histoire car, dans les trois cas, le drame affleure bien vite. Nous sommes donc happés dans la réalité brutale et dramatique des personnages et nous voulons en savoir plus. Nous espérons que les uns survivront, nous sommes atterrés de voir ce que le Destin leur réserve, nous sommes soufflés de découvrir les révélations qui sont distillées au compte goutte, et quand enfin les fils se rejoignent – c’est à dire vraiment à la fin – nous sommes stupéfaits. Cette lecture est donc véritablement trépidante et forte en émotions. C’est encore plus marqué parce que l’autrice nous rappelle en exergue que les passages évoquant la guerre d’Espagne sont inspirés de faits vrais. Le drame humain n’en est que plus vibrant car, à n’en pas douter, nombreux ont été ceux qui ont connu un tel destin.

J’ai beaucoup aimé la manière dont Johanna Gustawsson a relié les fils de son récit. Une fois de plus, c’est à la fois bluffant, efficace et impossible à suspecter. Cela permet une lecture réellement surprenante et assoit le plaisir de la découverte. Les révélations en toute fin du livre accentuent encore l’aspect glaçant de tout ce qui a eu lieu avant, car finalement, les drames du passé ont une multitude de conséquences et les démons enfouis ressurgissent de la pire des façons. Il y a une dimension réellement tragique dans l’enchaînement inéluctable des événements et rien ne saurait arrêter cette marche en avant. Au fur et à mesure de la lecture, le voile est levé sur mille et un scandales qui chacun noue un peu plus le nœud gordien enserrant chacun des protagonistes.

Les personnages que nous connaissons déjà sont ici pleinement fidèles à eux-mêmes. Alénior, autiste asperger, peine à montrer ses émotions et elle est d’autant plus ébranlée qu’en perdant sa famille, elle a perdu un de ses soutiens essentiels. Alexis est incapable de se concentrer sur sa vie personnelle et sur son mariage, elle est trop intriguée par l’enquête et par son besoin d’aider ses amis, tandis qu’Emily plonge en avant, préoccupée par la souffrance d’Aliénor et éperonnée par le désir de démasquer le coupable et de faire éclater la vérité. Les personnages secondaires ont tous une réelle utilité ici, si bien que rien n’est laissé au hasard. Ce qui semble relever de l’anecdotique est en réalité important. Le lecteur savoure donc chaque page et se délecte du montage romanesque lorsqu’il en prend la pleine mesure.

Sång est donc un vrai régal à lire : une intrigue dense, éprouvante et émouvante, des rebondissements des plus inattendus, des personnages touchants, et des révélations bluffantes le caractérisent. Nous sommes emportés toujours plus en avant, dans un tourbillon glaçant et terrible dont nous ressortons abasourdis.

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