La Fille du Samouraï, Fred Bernard & François Roca.

Il y a un moment déjà, j’avais adoré La Malédiction de l’anneau d’or (avis ici), et en flânant à la librairie pour trouver un petit cadeau supplémentaire pour ma nièce, je suis tombée sur cette pépite, je n’ai pas su résister à l’attrait de cette couverture et aux promesses qu’elle offre.

La fille du Samouraï retrace l’histoire de Tomé qui, après avoir fait naufrage sur une île déserte, fait la connaissance d’un vieux samouraï et de sa fille Tomo. Leur vie s’égrène au rythme de la pêche, des promenades amoureuses et des entraînements entre Tomé et le vieux maître. Mais cet équilibre est rompu lors les Guerriers-Démons trouvent le chemin de l’île.

Cet album est absolument renversant. Les dessins sont d’une subtilité et d’une beauté extraordinaire. Chacun d’entre eux apporte un souffle singulier au récit et donne à voir ce que le texte nous donne à entendre. Le dessin fait prendre consistance aux êtres, en leur donnant vie par la beauté du trait. Les illustrations montrant Tomo lors de son arrivée sur scène ou encore le gros plan sur son visage sont absolument sublimes. Le visage féminin est peint avec douceur et finesse, sculptant des traits absolument parfaits et d’une expressivité terrible. Nous voyons la retenue, la dignité, la solennité du moment aussi qui transparaît. Tomo est celle qui écoute son compagnon narrer son histoire, celle qui porte sur elle les clefs d’un savoir, et qui reste digne face aux épreuves de la vie. Son compagnon, le vieil homme, les Guerriers-démons sont eux aussi mis en scène avec une grande expressivité. Aucun dessin n’est laissé au hasard et tous concourent à nous emporter dans un autre univers, au cœur d’une culture orientale dépaysante et très agréable.

Finalement, arrivé au terme de ce récit, nous ne nous demandons pas si c’est une conte, une fantasmagorie ou une histoire vraie que nous a livré Tomé. C’est un récit vibrant, une aventure hors norme, empreinte de douceur, d’amour, mais aussi de tristesse, de renoncement et de douleur. Le lecteur en vient presque à oublier qu’il s’agit là d’un récit enchâssé, un récit présenté sur une scène lors d’un concours. Et malgré ce contexte, cela n’enlève rien à la magie du récit de Tomo. Leur prestation parle à notre imaginaire, parle à notre cœur et parle aussi à nos yeux. La scène où les deux jeunes gens révèlent leurs corps et leurs tatouages est saisissante et nimbée d’une pudeur terrible. Leur corps entiers sont devenus à la fois des œuvres d’art et des parcelles de savoir, formant un tout par leur union.

Ainsi, cet album est réellement superbe et permet de passer un moment hors du temps, suspendu aux coups de pinceaux des artistes, retenus dans un univers chatoyant et façonné par les aventures, l’amour et le partage. Une lecture douce et enivrante que j’ai adorée.

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