Le Requiem des Abysses, Maxime Chattam.

Le requiem des abysses par Chattam     Cet été, je découvrais Maxime Chattam avec Le Léviatemps, un premier tome qui trouve son achèvement avec Le Requiem des Abysses. Il m’a fallu un peu de temps pour m’y plonger, non par manque d’envie, mais parce que ma pile à lire est une montagne qui taquine le ciel !

      Ici deux histoires s’entremêlent : d’une part, des médiums de Paris victimes d’attaques surprenantes, des musées dont les momies disparaissent et, dans une campagne un peu éloignée de là, une famille entière de paysans est décimée selon un rituel morbide. Guy de Timée, présent dans cette retraite verdoyante, ne peut pas se retenir d’enquêter.

     La première chose qui m’a frappée dans ce tome, c’est le rythme. Je m’attendais à une ouverture lente, presque fastidieuse comme l’avait été celle du premier volet, et qui permettait justement de poser un cadre d’une précision diabolique. Ici, le lecteur est pris à contre-pied : tout va très vite, sans pour autant être précipité! Alors, évidemment, nous connaissons les personnages et leurs liens et cela facilite les choses, mais malgré tout, très vite, nous entamons le vif du sujet… et l’escalade dans le terrible et le sordide arrive.

     Dans ce roman, il n’ y a aucun temps mort : les découvertes sont toutes plus macabres les unes que les autres, l’atmosphère se fait poisseuse pour coller à ce déversement de cruauté et de haine, de folie aussi. Guy est plus que jamais attrapé par ses démons – et par son orgueil aussi – dans sa soif de comprendre le genre humain, de comprendre la psyché criminelle. J’ai vraiment apprécié de le retrouver dans ce tome,  plus enquêteur que bobo parisien en mal de sensations, plus sensible aussi. J’ai eu la sensation – peut-être erronée du reste – qu’il était moins dans sa bulle, qu’il s’ouvrait plus à l’Autre et qu’il assumait enfin qui il était. Par contre, Faustine est plus effacée dans Le Requiem des Abysses et cette jeune femme volcanique se fait plus discrète, même si sa présence est indispensable à l’histoire.

     Maxime Chattam a un art certain pour faire cristalliser des personnages inquiétants et pour nous envoyer sur des fausses pistes. Maximilien Hencks, dandy passionné de chasse, est horriblement glaçant, et, plus d’une fois je l’ai suspecté d’être plus que ce qu’il ne laissait paraître. Julie, la matrone du Boudoir de soi paraît presque inquiétante à la fin du roman, le jovial Martial Perotti est lui aussi un personnage ciselé avec une perfection absolue. Dans Le Requiem des Abysses, personne n’est ce qu’il semble être. Le gentil peut s’avérer être le monstre, le chasseur peut être la proie, le protecteur peut être celui qui oeuvre dans l’ombre… Tout est affaire de faux semblant et chacun, le lecteur en premier ordre, est mené par le bout du nez. Cela a été mon cas. Jusqu’au bout, je n’ai rien vu venir. Une fois les deux tiers du roman achevé, et le premier assassin découvert, je me suis sérieusement demandée dans quelle direction allait partir le roman, tout en craignant que la suite ne se dilue dans une eau saumâtre désagréable. Eh bien non! Cela a été l’apothéose… ou la descente aux Enfers pour nos personnages : question de point de vue… Alors, oui, il y a un art certain dans la construction de ce deuxième tome. Le Léviatemps m’avait plu, le Requiem des Abysses m’a subjuguée! Et, ne nous mentons pas, la plume de Monsieur Chattam n’y est pas pour rien. Dès les premières pages, sa beauté, son caractère ouvragé sans être pédant m’a séduite. On y trouve l’art du beau mot, de la belle image, de la belle description, sans tomber dans l’artifice vain.

        Ainsi en quelques mots comme en cent : Le Requiem des Abysses est un excellent thriller. Le montage romanesque, d’une efficacité redoutable, nous entraîne loin au fond de la fosse, au milieu des turpitudes, des vices, du machiavélisme et de la folie, dans un univers d’où personne ne peut ressortir indemne, et surtout pas celui qui surestime ses forces d’enquêteur. Je l’ai nettement préféré au premier volet, qu’il conclut parfaitement!

 

 

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