Dans l’ombre du paradis, Viveca Sten.

Dans l'ombre du Paradis par Sten      Quand je suis arrivée dans ma famille durant mes vacances, j’ai eu le bonheur de trouver sur la table le tout dernier Viveca Sten, le septième volet des aventures de Thomas Andreasson et de Nora Linde. Je l’ai gardé pour le dévorer entre deux lectures plus dures, à la manière d’une douceur sucrée. 

      Dans l’ombre du Paradis se déroule quatre ans après le dernier tome. Nora Linde a changé d’emploi et s’épanouit mais ses vacances à Sandhamn sont vite troublées par l’arrivée d’un nouvel habitant, Carsten Jonsson, et par ses excentricités. Ce nouveau voisin aux affaires troubles éveille la rancœur des insulaires en bafouant tous les usages de l’île. Bientôt, un incendie et la découverte d’un corps forcent la police à s’en mêler.

      Tout d’abord, j’ai été enchantée de retrouver les personnages que j’aime. Au fil des tomes, nous avons assisté aux coups durs pour Nora, puis pour Thomas, à leur reconstruction et un lien s’est créé avec le lecteur. J’aime la curiosité de Nora, j’aime sa ténacité et son intuition sans faille. Thomas était plus en retrait dans ce volet, assailli par ses doutes et je reconnais avoir moins apprécié cela. Il me manquait un peu de sel à l’histoire, apporté par la complémentarité des deux lorsqu’ils sont pleinement investis. Par contre, compte tenu que nous sommes déjà au 7e tome, je comprends aussi l’utilité de ce cheminement chez Thomas. Cela permet sans conteste de l’humaniser et de lui donner corps, encore un peu plus. Le point positif est que cela permet de développer davantage le personnage d’Aram que j’avais déjà apprécié dans Retour sur l’île et que j’espérais retrouver.

      Ce polar reste un roman doux. Ne cherchez pas d’effusion d’hémoglobine, de scènes terrifiantes, de crimes monstrueux décrits dans les moindres détails… Il n’y a rien de spectaculaire. Autant cela gêne certains lecteurs, autant j’aime m’accorder une pause de temps en temps et savourer une enquête plus feutrée, comme ici. Vous l’avez compris, il s’agit d’un incendie et d’un homicide. Tout l’enjeu est de savoir qui avait intérêt à faire ça et qui était visé. L’affaire est pesante, obscure, elle laisse les enquêteurs piétiner, d’autant que Carsten fait obstruction à l’enquête. Mais les révélations n’en sont que plus intéressantes : je n’ai pas vu venir l’assassin et les mentions du passé des personnages nous induisent en erreur. J’ai suspecté les mauvaises personnes, j’ai attribué les chapitres en italique aux mauvais protagonistes… Je me suis bien fourvoyée! Cela fait aussi le plaisir de lire.

      Viveca Sten a une fois de plus réussi à créer des personnages qui ont le relief de la vie réelle. Carsten est tout bonnement insupportable! Dès ses premières apparitions, il est détestable. Homme bouffi d’orgueil et de prétention, il fait marcher son monde à la baguette, convaincu qu’il parviendra par sa prestance seule à inverser le cours des choses. Sa cupidité n’a d’égale que son arrogance… et ce n’est pas peu dire! Il écrase sa femme Célia qui fait figure de fantôme, petite chose soumise à un homme qu’elle méconnaît sans s’en apercevoir. Célia est du reste agaçante par son côté mièvre et naïf, mais cela fonctionne très bien avec le mari que l’autrice lui a choisi. Et ce personnage féminin reste une figure importante dans l’intrigue. Les personnages secondaires sont moins fouillés que ces deux-là mais restent importants : Maria, la baby-sitter ; Linda, la gouvernante ; Anatolli, l’ami russe. Tous ont un rôle à jouer dans la tragédie qui se profile.

      Ce qui était étonnant avec ce tome, c’est qu’il faut attendre longtemps avant que le crime n’ait lieu, et cela m’a un peu désarçonnée et frustrée au début. Par contre, cela permet de poser les personnages – dont l’horrible Carsten- avec une rare précision. Du coup, cela crée un volet différent des autres sans que les changements ne bouleversent complètement les attentes du lecteur. A posteriori, je trouve ce parti pris intéressant.

      Ainsi, j’ai adoré retourner à Sandhamn et retrouver l’atmosphère caractéristique des lieux. Dans l’ombre du Paradis est un polar doux et agréable, qui se lit d’une traite. Un joli moment de lecture, le bonheur de retrouver des personnages aimés en plus. 

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