Rozenn, Laetitia Danae.

Résultat de recherche d'images pour "rozenn roman laetitia danae"      Grâce à la Mille et un livres box de juillet, j’ai pu découvrir – comme beaucoup d’autres – un roman des Editions Plume Blanche deux mois avant sa sortie officielle. Rozenn faisait d’ailleurs partie des sorties annoncées que j’attendais impatiemment. Autant dire que je n’ai pas feint mon plaisir en ouvrant ma box!

      L’intrigue du roman se situe, comme les contes, dans une temporalité très floue. Depuis des temps immémoriaux, dagnirs et djinns sont ennemis. L’esclavage des djinns au profit des premiers n’y est pas pour rien, et son abolition n’a pas mis un terme aux tensions. Des Bulles existent, des royaumes libres où les djinns vivent. Le sultan, lui règne sur Pretamia. Or, il propose une rencontre entre ses fils et les filles de la famille Kaplang en vue d’une union. Selon ses dires, pour consolider l’entente entre les peuples. Rozenn et ses sœurs découvrirons la Cour, ses machinations, ses intrigues, ses jeux de pouvoirs, et le monde réel… Mais quelles sont les véritables intentions du sultan?

      Tout d’abord, soyons honnête… J’ai eu un peu peur, sur les deux premières pages, lorsque j’ai vu le nom des familles, des personnages, comme dans une pièce de théâtre. L’espace d’un instant, j’ai cru me perdre dans les personnages et leurs liens. Et puis, j’ai commencé le livre. J’ai été immédiatement happée et subjuguée par l’univers. Non seulement, le récit commence sur une action dense et intense, mais il conserve ce rythme quasiment tout du long. Aucune mièvrerie n’apparaît dans un roman où pourtant, les héroïnes sont censées faire la connaissance de jeunes hommes en vue d’un mariage arrangé! C’est un tour de force. L’ensemble de l’oeuvre contient les complots de la Cour, les découvertes des jeunes filles – sinistres comme merveilleuses- , les machinations, les disputes, les déceptions, les élans du cœur, les renversements de situation… le tout sur un rythme échevelé. Une fois le livre en mains, il m’a été très difficile de le poser tant j’avais envie de découvrir la suite.

      L’univers créé est tout bonnement flamboyant. Non seulement, l’auteure donne vie à ses personnages, mais elle parvient à recréer un univers et une culture entière sous nos yeux. Des animaux fabuleux prennent consistance comme l’aura de Rozenn ou les shadhahvars, les Belles de Chahem nous font froid dans le dos, des pratiques douteuses comme le Cycle des Saisies, l’utilisation d’artefact ou la consommation de fluide nous révulsent, les paysages et la Bulle nous entraînent dans un ailleurs qui paraît très concret. Rozenn est donc un petit bijou de dépaysement ! L’équilibre entre pose du décor et actions est absolument parfait. Et j’ai un coup de cœur pour les têtes de chapitres qui reprennent des proverbes djinns, des textes des Grands Artisans, des citations de poètes, de personnages célèbres, de penseurs… Tout cela donne corps au texte et lui donne un petit supplément d’âme.

      A cela s’ajoute des personnages terriblement charmeurs et attachants. L’auteure parvient à merveille à créer une complicité entre son lecteur et ses personnages. Daire m’a exaspérée en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, tout en emportant un morceau de ma compassion, Odeleen m’a conquise par son caractère doux, clairvoyant et raisonnable. Enfin, la tempétueuse Rozenn s’est assurée toute mon amitié en quelques pages. Sa détermination, sa chaleur humaine, son naturel ombrageux et impulsif m’ont conquise. J’adore la voir s’agacer, ruminer, échafauder des plans au nom des siens… Voici une héroïne forte et fière, courageuse et pourtant encore fragile et soucieuse de ses sœurs. J’ai adoré les relations qui se tissent entre les personnages : denses, complexes, paradoxales parfois…  Et les trois fils du sultan n’y sont pas pour rien non plus, avec leur caractère bien trempé !

     Dans ce roman, rien n’est manichéen ou simple, tout se ramifie, s’entrecroise et s’emmêle comme dans la vie, jouant et déjouant sentiments et projections. C’est un vrai régal pour le lecteur! Rien n’est linéaire, et finalement, nous sommes surpris de bout en bout. 

      Quant à la plume de l’auteur : en un mot, elle est parfaite ! Fluide, élégante, colorée et chantante, elle a su faire émerger un Orient cruel et magnifique d’entre les mots, elle a su faire entendre trois sœurs, trois voix, radicalement opposées et pourtant si liées – ce qui n’est pas sans me rappeler une certaine Jane Austen avec ses sœurs Bennet ou encore ses sœurs Dashwood.

      Enfin, une fois n’est pas coutume, je terminerai ma chronique en soulignant le très joli travail sur la mise en page et l’édition. Les têtes de chapitre sont superbes : police de caractère choisie avec soin, arabesques (qui ornent chaque page du livre d’ailleurs!) et citation en exergue. Un très bel écrin pour une magnifique histoire.

      Rozenn est donc un immense coup de cœur pour moi. J’ai été littéralement subjuguée. Un vent d’Orient se lève et bruisse entre les pages, nous charmant et nous envoûtant par la force évocatrice des mots.

 

 

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