Seirens – Rivage-, Melissa Scanu.

      J’ai reçu ce roman des Editions Plume Blanche en avant-première. Si, pour une fois, la couverture m’attirait moins que d’habitude, le titre énigmatique et le résumé ont vite compensé.

  Seirens retrace l’histoire de Feryel qui est irrésistiblement attirée par les profondeurs marines. Elle est en réalité une seiren, comme nous l’apprenons vite. Tout l’enjeu du roman consiste alors à comprendre comment elle a alors pu arriver en terre, et nous la suivons pas à pas dans sa découverte du monde lagunaire rénatien et du monde abyssal lamyntien. Mais de sombres secrets menacent encore le présent.

 Le personnage de Feryel est vraiment intéressant. Jeune fille torturée, déchirée entre  ses deux vies, rongée par des conflits de loyauté, elle aspire à comprendre et à démanteler les rouages de son passé. Pour cela, elle ne recule devant rien et fait preuve d’un sang-froid et d’une présence d’esprit marquants. Si ce roman présente avant tout une quête identitaire, un soupçon de romance apparaît en filigrane, et j’ai apprécié que cela ne prenne pas le pas sur tout le reste.

      Au cours de son exploration, Feryel découvre un monde changeant. D’anciennes guerres sont closes, en apparence, mais tout n’est peut-être pas si clair que cela. La jeune fille en fera l’amère expérience… Dans ce monde nouveau qu’elle découvre, elle expérimente l’hypocrisie et le sentiment de culpabilité face aux drames du passé, elle se confronte à de cruels ennemis, prêts à tout pour leur cause… Et, de machinations en complots, elle met au jour un univers trouble, où la censure fait rage au nom d’intérêts individuels. Une longe lutte débute alors pour faire triompher la justice, le respect mais aussi et surtout pour réunir les peuples. Finalement, la petite histoire rejoint la grande, et la quête de vérité de Feryel concernant ses origines se mue inexorablement en une quête de vérité du peuple seiren tout entier. Il y a donc de nombreux rebondissements dans ce roman, et si j’en ai anticipé certains, d’autres m’ont étonnée.

     Finalement, pour un lecteur adulte, ce roman peut faire écho à l’histoire du XXe siècle et aux totalitarismes. On y retrouve, entre autres, la cruauté humaine, la duplicité, la censure, la manipulation des esprits par des dirigeants corrompus, mais aussi la soif de résistance, l’ouverture d’esprit de certains et  le courage.

     Enfin, l’univers créé par Melissa Scanu est savoureux. J’ai apprécié les descriptions de Rénatia et de Lamynte, qui épousaient la découverte des personnages. Ces passages m’ont permis de m’immerger dans ces mondes et les illustrations qui parsèment le livre sont le petit plus qui nous parle. A première vue, monde rénatien et monde lamyntien semblent antithétiques. L’un clair et lumineux, l’autre trouble, brut d’une certaine façon, mais aussi doté d’une capacité d’attraction rare. De cette opposition naît une des forces du roman : le lecteur et Fey se demandent ce qui s’y cache, tapi, dans l’obscurité… Peut-être est-ce là, finalement, que les réponses se trouvent? Sous la surface, loin, cachées sous un voile d’obscurité qu’il faudra soulever.

      Ainsi, j’ai passé un très agréable moment en compagnie de Fey, d’Arthur, de Garten et de tous les autres. Je me suis laissée bercer doucement par les eaux et, avec les personnages, j’ai parfois nagé à contre-courant, portée par l’envie d’avoir le fin mot de l’histoire du peuple seiren. 

 

 

 

 

 

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