ADN, Yrsa SIGURÐARDÓTTIR

       Au milieu de la librairie, mon œil curieux a été attiré par le titre et par le médaillon de cette couverture : une multitude d’heures nimbées de suspense et de frissons semblaient s’ouvrir à moi, à condition de me jeter dans la lecture. Promesse tenue!

     Le roman s’ouvre sur une tension – la question du placement d’enfants suite à un drame – enchaîne avec des crimes d’une violence et d’une étrangeté inouïes, et approfondit le mystère avec des inscriptions sibyllines laissées sur les lieux des crimes. Le suspense est à son comble ! Elísa Bjarnadóttir est la première victime. Sa fille devient la témoin clef dans une course contre la montre pour arrêter un assassin aussi énigmatique qu’insaisissable. L’enquête piétine et les motivations de ce sordide meurtrier échappent à l’entendement humain. Aucune piste n’éclaire les meurtres. L’impasse. Huldar, le policier chargé de mener l’enquête risque gros, et, comble de malchance, peine à se dépêtrer avec ses déboires personnels, comme tous les autres personnages d’ailleurs. Cela donne lieu à des situations cocasses entre Huldar et Freyja, qui sont rafraîchissantes au cœur de la tension.

        C’est en effet l’une des réussites de ce roman, au milieu de l’enquête, des drames et de l’indicible horreur, nous trouvons aussi le récit de la faillite de plusieurs existences. Aucun personnage n’y échappe : Karl, ce jeune isolé, passionné par les radioamateurs (ainsi que ses amis), Freyja, Huldar lui-même, son collègue, leur chef… Tout ceci ajoute une strate de sens supplémentaire pour le lecteur : lesquels de ces petits drames du quotidien entreront en résonance avec le reste? Lesquels resteront anecdotiques ? Aucun ? Tous ? Chacun à son échelle ? Le mystère reste entier.

        Tous les fils s’enchevêtrent et s’enlacent jusqu’à devenir une inextricable pelote que l’on ne parvient à complètement dénouer que dans les vingt dernières pages. Quelle saveur! J’ai adoré me sentir perdue au milieu de toute cette agitation, être perplexe et m’interroger sans cesse, sans pour autant parvenir à esquisser l’ombre d’une supposition valable. Yrsa Sigurdardóttir nous offre ici un grand polar, captivant, dense et glaçant, mêlant avec brio machiavélisme, cruauté et désespoir humains.

      Ce roman est un coup de cœur. Aucune ligne n’est en trop, aucun mot. Tout concourt à la catastrophe et à la terrifiante révélation. Un régal pour le lecteur !

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