Juste un peu de cendres, Thomas Day, Aurélien Police.

Résultat de recherche d'images pour "juste un peu de cendres"       Déroutant et captivant. Voilà les deux mots qui me viennent à l’esprit si je dois résumer ma lecture. Étrange, non? Pas tant que cela. En vérité, cet album m’a captivée par son histoire, par ses graphismes, par la place laissée au texte aussi,  étonnamment discret mais pourtant capital par sa disposition et son contenu. C’est bien là ce qui est déroutant car les histoires de zombies, ce n’est pas du tout ma tasse de thé!  Précisons d’emblée : je parlerai ici de « zombies » par commodité. Les passionnés du genre me pardonneront un possible abus de langage…

     Juste un peu de cendres nous raconte une nouvelle apocalypse, discrète, ténue, que seul un petit nombre peut percevoir. Des hommes changent, les cendres les entourent. Ashley Torrance fait partie de ceux qui ont un don. Don ou malédiction? Cette jeune fille voit des choses, comprend l’impensable et l’album s’ouvre sur son départ avant de nous livrer son épopée.

      La structuration de l’histoire est parfaite : le récit s’ouvre sur une tension, qui place immédiatement le lecteur au cœur du récit. Le danger encouru, la fuite, la quête de sens, le choix d’alliés. Les explications nous parviennent au compte goutte, nous craignons pour les personnages, sans finalement avoir de raison tangible… Car la force de l’oeuvre est aussi de sous-entendre, de laisser la place belle à notre imagination: fini les zombies qui attaquent tout ce qui bouge comme des bêtes féroces. Les Créatures sont ici vulnérables, fragiles tout autant qu’inquiétantes et sinistres. Cette ambivalence étreint le lecteur jusqu’à l’âme et laisse un goût étrange en s’incarnant dans les planches mêmes de l’album. La force du graphisme et de l’écriture s’allient pour balayer les topos du genre (du moins ceux que je connais).  Ajoutons que le récit acquiert une réelle densité avec la légende de Roanoke, donnant à cette apocalypse une dimension à la fois historique, mystique et surnaturelle, tout en conférant aux personnages une véritable épaisseur.

     Enfin, l’originalité de cet album vient aussi des graphismes. Ils m’ont tout de suite interpellée : 3D, photos, dessins, images par ordinateur, tout se mêle dans une esthétique douce et percutante. Nul doute que ces images me resteront longtemps en tête… Une poésie du zombie, voilà comment je pourrais qualifier la représentation de ces êtres! J’ai d’ailleurs été très sensible aux bonus à la fin et tout particulièrement aux pages expliquant la genèse de l’une des doubles pages marquantes de l’oeuvre.

       Avec Juste un peu de cendres, Thomas Day et Aurélien Police ont réussi un coup de maître : me faire aimer une histoire de zombies, tant par l’histoire que par ses graphismes. Un grand merci.

 

 

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