Kaïken, Jean-Christophe Grangé.

    Parmi mes cadeaux de Noël se trouvait un roman au titre et à la quatrième de couverture énigmatiques : Kaïken. En le feuilletant, j’ai découvert avec stupéfaction que je tenais là un roman d’un auteur bien connu… sauf de moi ! Lacune immédiatement corrigée : je l’ai très vite attaqué.

     Le récit débute in medias res : nous sommes plongés au cœur de l’enquête d’Olivier Passan, policier aguerri, passionné par le Japon, qui tente d’appréhender un terrible assassin. Peu à peu sa traque de l’Accoucheur prend forme, se déploie sous nos yeux entre bavures, fausses pistes, instinct policier et conflits divers. Mais assez vite, l’intrigue s’enrichit d’une autre strate : le chat devient souris, l’enquêteur devient la proie… Mais de qui? de l’assassin initialement traqué? d’un autre? Quels liens entre ces événements nouveaux et Passan? Est-ce lié à sa famille? à son travail? Les fils du récit se déploient, s’enroulent et s’enchevêtrent pour mieux duper le lecteur, l’entraîner sur des fausses pistes, le perdre dans les méandres d’une vie – celle de Passan- et pour dupliquer la complexité du monde humain, de l’âme humaine. En effet, ce thriller nous parle en filigrane de la vie, de la frustration, de la soif de revanche, de drames individuels – aussi -et de la faillite humaine à connaître l’Autre au lieu de le fantasmer.

     Vous l’aurez donc compris j’ai été très vite happée par le récit. Chaque virage que prenait l’histoire m’entraînait dans son sillage, et, paradoxalement, tout en éliminant des possibilités, il soulevait plus de questions qu’il n’apportait de réponse. Les personnages intriguent : particulièrement Naoko, l’énigmatique épouse, détestable par moments, mais dont le rôle prend de l’ampleur tout au long du récit, et qui s’avère être moins manichéenne que prévu;  Sandrine également – la meilleure amie- gagne en épaisseur au fil des pages… pour notre plus grand plaisir ! Enfin, Passan, la clef de voûte de l’édifice est bourru, rude, sauvage, violent même, mais son besoin de comprendre, de résoudre le mystère nous emporte. Une des caractéristiques essentielles de ces personnages : personne n’est exclusivement ce qu’il semble être, chacun porte en lui bien plus que ce que l’on attend… et c’est savoureux!

        La langue choisie par l’auteur est en adéquation avec ses personnages, elle est rude, brutale, familière, la sexualité y est évoquée avec des termes assez crus… Autant d’éléments qui auraient pu me déranger, et pourtant, ces passages ne sont pas ceux qui  me restent en tête. Après avoir fermé le livre, je me rappelle davantage de l’angoisse des personnages, du sentiment d’urgence imprimé tout au long du roman grâce à la dynamique même de l’oeuvre : il n’y a pas de temps creux, tout trouve sa place dans l’économie d’ensemble du roman.

       Ainsi, j’ai passé un bon moment avec ce thriller, je me suis laissée entraîner sur la route d’un assassin aux multiples facettes et d’un Japon sanglant. J’en ressors enchantée de ma découverte.

 

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