La Voie du sabre, Mariole et Ferniani, T1 Les Cendres de l’enfance.

La voie du sabre, tome 1 : Les cendres de l'enfance (BD) par Mariolle    La Voie du sabre est une bande dessinée adaptée d’un roman de Thomas Day que j’avais hâte de découvrir. J’avais déjà lu Juste un peu de cendres, de cet auteur et comme j’avais beaucoup aimé, j’ai réitéré l’expérience avec ce premier volume d’une trilogie.

     La Voie du sabre met en scène un personnage historique, dont le destin est retravaillé par l’auteur : Musahi. Ce ronin (un samouraï libre de tout  engagement envers un suzerain) est aussi un duelliste et un maître de guerre hors pair, doté d’une épée quasiment légendaire. Un jour, il  se présente chez un seigneur et lui propose de se charger d’enseigner la Voie du sabre à son fils, un enseignement long et fastidieux.

      Tout d’abord, je ne connaissais pas du tout la légende de Musashi et j’ai apprécié la préface écrite par Thomas Day. Cela m’a permis de remettre en perspective les choses et d’apprendre aussi au détour de ma lecture.

      Comme je m’en doutais, je suis séduite par les graphismes. Les visages sont expressifs et présentent une multitude de petits détails qui donnent sens au texte et à l’ensemble. Les lieux, les monstres, les vêtements, l’architecture des bateaux ou des bâtiments sont montrés avec force détails de manière à nous emporter tout à fait dans l’histoire. Nous pouvons ainsi mieux comprendre ce que sont les îles de Kido, village fortifié flottant, nous voyons la magnificence de la forteresse du clan Nakamura. J’ai particulièrement aimé ce travail sur le cadre qui permet à notre imagination de flotter aux côtés des personnages.

      J’ai adoré la manière dont sont représentées les légendes racontées à Mikedi : celle des origines de l’épée de Misashi et celle de l’impératrice-dragon et de sa lignée. Les cases s’effacent pour laisser s’installer des dessins plus grands, avec, à chaque fois, une unité de couleur, qui sert de fil conducteur à ce récit enchâssé. Le trait se fait alors plus doux, moins nerveux pour montrer au lecteur qu’il bascule dans le plan de la légende et non plus de l’histoire du ronin et de son apprenti. Chacune de ces légendes nous apprend quelque chose soit sur Misashi soit sur les motivations du clan Nakamura et des autres. Ces passages ont donc un réel intérêt au sein du récit, et l’infléchissement dans les graphismes permet de les mettre en valeur au sein de la BD. Ce sont d’ailleurs mes passages préférés.

      Ce premier tome nous donne à voir l’initiation balbutiante de Mikedi. D’enfant gâté, quasiment enfant roi, il passe au rang d’apprenti, malmené par un maître qui entend développer son sens critique, et son sens du Bien et de la Justice. Il ne lui épargne rien, mais l’oblige à essayer et à tirer une leçon de chacun de ses échecs. Si la leçon est dure à entendre et à comprendre, très vite Mikedi apprend et utilise son intellect. Il ouvre aussi les yeux sur ce qu’est le monde, sur qui est vraiment son père et se détache doucement de ce qui lui était familier. Seule son ambition reste à la fin de ce tome. Le personnage de Musashi est donc particulièrement dur, ses gestes, son ton, sa manière d’être confine à l’agressivité à bien des occasions, mais la bienveillance affleure et s’il provoque Mikedi, c’est aussi pour le faire naître à lui-même d’une certaine manière, pour qu’il assume ses propres choix au lieu de se laisser dicter sa conduite. Ce ronin est aussi un homme torturé. Nous le comprenons à demi mots. Il est un justicier solitaire dans ce premier tome, particulièrement sensible au sort des femmes et à l’honneur d’un samouraï.

     Cette bande dessinée a donc beaucoup de qualités et présente beaucoup de caractéristiques que j’aime : des personnages au caractère affirmé, mus par une quête, une initiation et une évolution des personnages, des dessins agréables et intéressants… Et pourtant, malgré tout cela, elle n’est pas pour moi. Je sais déjà que je ne lirai pas la suite. Au fil des pages, il y a eu trop de scènes de violence pour moi, trop de combats, trop de soldats tués, décapités, trop de champs de ruines. Cela n’enlève rien à la qualité de l’œuvre, le récit ne me correspond pas et plaira bien davantage à d’autres.

        Ainsi, La Voie du sabre, premier rouleau, est un rendez-vous manqué pour moi. Ce volume regorge de qualités et ravira les fans du genre, mais le fond du récit n’était pas pour moi. Quoi qu’il en soit, je ne regrette pas ma lecture. J’y ai appris un petit quelque chose de plus sur le Japon. 

 

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