Les Autostoppeurs, Chevy Stevens

Il y a plusieurs années, j’avais lu Jamais tu ne me quitteras de Chevy Stevens et j’avais passé un agréable moment de lecture, aussi, je n’ai pas hésité à me lancer dans une lecture commune des Autostoppeurs avec mon amie Clémence.

Ce roman est un road trip sanglant au milieu des forêts canadiennnes. Tom et Alice ont entrepris un long voyage pour se changer l’esprit après un drame personnel. En chemin, ils prennent un jeune couple sous leur aile. Blue et Ocean ont tout de hippies, ils sont d’une jeunesse évidente, la jeune femme est enceinte de cinq mois, ils semblent insouciants et sans attache. Mais bientôt, Tom et Alice découvrent la vérité, les masques tombent et le voyage se poursuit, baigné dans la violence.

Je suis un peu partagée sur ce roman, je dois bien le reconnaître. Le début m’a captivée, je me suis confortablement installée et je me suis dit que j’allais passer un vrai bon moment de lecture. La tensions s’installe doucement, les jeunes autostoppeurs sont intragants à souhait… nous sentons bien, nous, lecteur que quelque chose cloche, et le couple Alice et Tom semble d’une gentillesse parfois excessive. Ainsi, dans le début du roman, je me suis vraiment demandé quel serait le couple qui ferait basculer ce voyage en un road trip sanglant. A ce moment-là, la lecture était efficace et j’avais hâte de reprendre mon livre le soir.

Une fois que les masques sont tombés, le doute n’est plus permis. Nous savons précisément qui est en danger et qui porte la violence dans ce parcours. Au fil des pages, nous obtenons des éléments qui viennent éclairer cette violence, qui expliquent le parcours du couple. Certains éléments sont glaçants, prévisibles parfois, dérangeants souvent, et cela dresse le portrait de personnes qui se sentent acculées. Les tortionnaires s’humanisent un peu, mais malgré cela, ils ne m’ont pas véritablement touchée. Je crois que la violence débridée vers laquelle on s’achemenine et la répétition de scènes similaires m’ont pesé. Au bout d’un moment, j’avais une désagréable impression de déjà-vu car les réactions des personnages étaient proches, de pages en pages et je ne voyais pas bien ce qui allait changer. Ma lecture s’est alors trouvée entravée par manque de tension.

Finalement, dans ce roman, seuls les inconnus croisés offrent une planche de salut au couple otage de l’autre. Et force est de constater qu’il est difficile pour ces mêmes inconnus de faire ce qu’il faut et d’enrayer la machine sanglante qui s’est mise en branle. Certains ont essayé, parfois les captifs ont tenté des évasions – avortée évidemment-. J’ai apprécié que la jeune femme complice sache parfois s’autonomiser et ne pas dire à son compagnon ce que leurs captifs tentaient, j’ai apprécié de voir se fissurer la confiance aveugle qu’elle avait en lui, son parcours à elle m’a touchée. Sa vie était terrible avant que ne commence sa folle équipée, et le compagnon de voyage qu’elle s’est choisi ne la porte pas vers une vie meilleure, pourtant, elle arrive à faire des choix intéressants parfois.

La chute de ce roman m’a davantage plu que le milieu de l’oeuvre. Il y a là une part d’humanité, de douceur inespérée. C’est à la fois surprenant et plaisant.

Ainsi, Les Autopstoppeurs est une lecture en demi-teinte pour moi. Le début et la fin du roman m’ont plu, mais le milieu a été un peu difficile car la répétition d’étapes du road trip, baignée de violence toujours plus intense, m’a pesé et a émoussé progressivement mon intérêt.

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