Le Mois d’or, livre et cahier d’exercices, Céline Chadelat, Marie Mahé-Poulin.

La lecture en ce moment n’est pas toujours aisée à conserver, entre fatigue, préparations, et vie réelle. Alors, ma pile à lire pour le Pumpkin Autumn Challenge ne cesse de se transformer, au gré des urgences livresques et de mes possibilités. Certains pavés de 700 pages ne pourront pas être lus, mais je les garde sous le coude pour d’autres occasions, puisque de toute façon, les livres qui dorment sur mes étagères sont des livres choisis avec amour. Je triche donc un peu et, pour le menu Automne enchanteur, dans la catégorie Princesse, princesse, je remplace mon livre d’art sur la représentation de la femme par un livre de non fiction sur Le Mois d’or. Lecture d’actualité que l’on m’a gentiment offerte.

  • Le Mois d’or, Bien vivre le premier mois après l’accouchement. Le livre.

Le Mois d’or, c’est le premier mois après l’accouchement, un mois plein de changement tant sur le plan familial que sur le plan hormonal, c’est ce moment où nous rentrons à la maison avec bébé, face à un océan de nouveautés et face à une montagne de fatigue et de chamboulements en tous genres. Ce livre est pensé comme un guide pour aider à bien l’anticiper, pour essayer de vivre au mieux ce tsunami. Il s’appuie sur la perception de cette période dans de nombreuses cultures, laisse la parole à des témoignages et donne à entendre différentes manières d’appréhender les choses, tout en essayant d’être complet. Ainsi, l’aspect vie pratique et organisation avec le conjoint / la famille est évoquée, mais aussi l’alimentation, le cocon à se créer pour former une bulle d’amour et de douceur, la question de l’allaitement ou du biberon, la récupération physique de la jeune maman, les soins médicaux, la rééducation, le couple qui change avec l’arrivée de ce nouvel être dans la cellule familiale. Le livre se veut aussi un outil pour décomplexer et encourager les jeunes parents à abandonner le fantasme de la perfection. En cela, je trouve l’ouvrage bien construit et plutôt intéressant. Il balaye de nombreux champs, donne des conseils intéressants et invite la jeune maman à prendre soin d’elle et à écouter son corps en abandonnant l’envie de jouer les Wonder Woman.

C’est aussi une lecture qui se centre sur le féminin et sur ses besoins en une période compliquée, une période de chamboulement total. J’ai trouvé le propos assez doux sur cette question là. Il s’agit d’une véritable invitation au lâcher prise, au recentrement sur l’essentiel, sur la relation à tisser avec bébé, sur le couple et sa nouvelle aventure. Les autrices insistent grandement sur le soutien nécessaire à la jeune maman, sur les encouragements, sur le relais nécessaire pour qu’elle aussi reprenne des forces. Le livre encourage aussi à l’anticipation pour éviter de se sentir submergé, et je suis assez d’accord avec cette idée : prévoir des repas au congélateur parce qu’on sera fatiguée et qu’on manquera de temps, cela me paraît un excellent conseil.

Pour autant, je ne suis pas pleinement convaincue. ATTENTION : je risque de vous spoiler un peu, en expliquant pourquoi je ne suis pas pleinement convaincue. N’hésitez pas à sauter ce paragraphe… Au milieu des conseils très positifs, plusieurs choses m’ont fait tiquer, que j’ai presque trouvées culpabilisantes ou inquiétantes pour la jeune maman qui ne pourrait pas appliquer tout ça. Rester alitée le plus possible sur les 21 premiers jours, se faire porter les repas, prévoir si possible près de quarante jours de repas ou envisager un service de livraison… l’insistance sur le fait qu’il ne faudra pas abuser de la station debout pour faciliter la récupération du corps a été pour moi plus une remarque anxiogène qu’une douce invitation à prendre soin de soi. Ainsi, plusieurs passages m’ont semblé excessifs – ce n’est là que mon humble avis, bien entendu-, mais beaucoup de choses m’ont semblé irréalisables, dans notre société actuelle. Les autrices suggèrent d’organiser une fête avant la naissance et de demander aux amis d’apporter chacun un plat à congeler, de demander à une amie / une personne de confiance de venir s’installer quelques jours chez les jeunes parents pour assurer la logistique course / ménage / repas… Sur le papier, je trouve cela très beau, bien sûr. Dans la vie réelle, mes amis ont autre chose à faire, ils ont leur quotidien, leur travail, leurs contraintes et cela ne me paraît pas possible, quant à ma famille, elle vit loin. Parmi les conseils, la présence d’une doula est aussi évoquée pour aider et accompagner la jeune maman. De la même façon, je trouve l’idée très belle… mais ce n’est pas pour moi. Le livre parle bien du coût financier de ces aides, tout en suggérant que cela vaut vraiment la peine de faire cet effort, que dans certains pays, c’est une dépense jugée absolument nécessaire… Oui, je l’entends, mais non. Vraiment. Je ne parviens pas à l’envisager sérieusement comme une option et je préfèrerais à titre personnel engager la dépense pour autre chose. Par contre, je conçois très bien que cela puisse trouver une résonnance chez d’autres femmes.

Je ne détaillerai pas les autres éléments qui m’ont fait lever les yeux au ciel ou qui m’ont interpellée parce qu’encore une fois, nous touchons ici à la sphère de l’intime et il est évident que nous devons toutes faire le tri entre ce qui nous parle et ce qui ne nous parle pas. Je pense que je ne suis pas le public cible de cette publication au départ, mais je retiendrai de la lecture une grande douceur et une grande bienveillance à l’égards de la jeune maman, une invitation à adopter un tempo plus lent pour nouer une belle relation avec bébé et pour reconstituer les forces d’un corps qui a accompli une prouesse, cette partie là est très belle. Et il y a des conseils qui ne sont définitivement pas pour moi aussi. C’est donc une lecture en demi-teinte mais pas inintéressante.

  • Le mois d’or, cahier d’exercices pour se préparer en couple.

J’ai poursuivi ma découverte de la collection avec le cahier d’exercices pour se préparer en couple. Je ne mentirai pas : je l’ai attaqué avec un a priori mitigé puisque la lecture du livre m’avait laissé un petit goût doux-amer, entre vague inquiétude et sentiment rassurant d’avoir déjà fait beaucoup de choses avec mon compagnon pour bien préparer tout cela.

Le cahier d’exercices se présente comme un petit livre que vous pourrez annoter, il est plein de petites illustrations mignonnes, de schémas bilan, de petites synthèses à rédiger seule ou à deux et de petits quizz pour vérifier ce que nous savons déjà. Je l’ai trouvé intelligemment constitué. Il est agréable à manipuler, ludique et sympathique à découvrir.

Il reprend des éléments clefs du livre : le repos nécessaire à la jeune maman, le soutien et les encouragements des proches, le besoin du couple de trouver son propre rythme avec bébé, le soutien du conjoint… qui ne pourra pas non plus tout faire, la répartition des taches au sein du couple. Dans le cahier d’exercices, tout est plus concis, les informations sont simples et précises, sans les mentions aux autres cultures. La lecture se fait donc plus vite pour se centrer sur le projet du couple. Nous retrouvons par contre les idées clefs (même celles qui me semblent excessives) dont le tableau pour instaurer le petit train des aidants (qui pour le ménage, qui pour écouter, qui pour les repas….). Néanmoins, la forme plus condensée a fait que cela m’a semblé moins injonctif et moins excessif. Finalement, ce petit cahier d’exercices m’a fait l’effet d’un vaste entretien prénatal qui se ferait au sein du couple et non à la maternité avec une sage femme : il s’agit de cerner à deux les espoirs et les attentes avant la naissance, d’organiser le fonctionnement de l’après – autant qu’on le peut, bien entendu – mais en se donnant un cadre rassurant pour anticiper la rencontre et le changement qui s’opèrera dans la vie du couple. Je l’ai trouvé intéressant aussi parce qu’il donne à entendre la voix du futur / jeune papa, qui peut se saisir de son rôle et se projeter lui aussi dans cette aventure humaine, cela ouvre au dialogue et peut constituer un doux moment au sein du couple, si cette forme convient aux deux.

Ainsi, j’ai clairement préféré la lecture du Cahier d’exercices du Mois d’or et sa forme à celle du livre Le Mois d’or. J’ai trouvé que c’était plus doux et plus léger, les conseils étaient sensiblement les mêmes mais invitent plus à tisser son propre mois d’or en faisant le tri. La forme ludique joue certainement grandement ainsi que la concision de l’ouvrage. Bien entendu, il y a encore des choses qui m’ont moins parlé, mais j’ai moins buté dessus. Maintenant, à vous de voir si ces ouvrages peuvent vous parler ou non car une fois de plus, rien n’est plus subjectif qu’une lecture sur ce thème précis tant cela confine à l’intime et au personnel.

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