Les Ombres de Ménélir, t1 : Peerless, Lucie Bernard.

J’ai lu le nouveau roman de Lucie Bernard en avant première grâce à l’Alsacienne indépendante : c’était mon premier roman de l’autrice et pourtant, je la suis depuis des années sur les réseaux sociaux et j’apprécie ses chroniques (lien vers son blog ici)… Il était grand temps de passer de l’autre côté et de découvrir sa plume !

Peerless est le tome 1 des Ombres de Ménélir. Ce roman de fantasy nous plonge dans des contrées nouvelles dans lesquelles la différence fait parfois peur. Une vieille prophétie hante les esprits. La naissance de Peerless, un nourrisson blafard bien loin des canons colorés des Oflyries déchaîne violences et passions. Sa soeur Ylanys va tout faire pour la protéger, jusqu’à ce que le destin les sépare. Chacune devra alors affronter son destin.

La première chose à dire, c’est que ce roman se dévore! La plume de Lucie Bernard est douce et fluide. Nous sommes plongés dans un monde différent, mais une fois que nous avons saisi que les Oflyries ont des pouvoirs et ont des ailes, il n’y a aucun obstacle à la lecture. Le récit commence en plein cœur de l’action, sur un moment de tension intense et cela permet de capter l’attention du lecteur, de nouer un pacte avec lui, lui promettant actions trépidantes et suspense. C’est d’ailleurs très efficace puisque dès les premières lignes nous avons envie d’en savoir plus. Cette soif de comprendre ne se dément pas, et nous sommes ferrés, à la fois heureux d’alterner les histoires (celle d’Ylanys, des siens et celle de Zuka dans le pays voisin) ; et curieux de voir où tout cela nous mènera.

Le destin d’Ylanys et de sa mère s’avère particulièrement tragique : nous compatissons bien vite avec elle, et espérons sans cesse qu’un revers de fortune viendra changer le cours de sa vie. L’injustice de sa situation nous heurte également de plein fouet. Son caractère détone : alors qu’elle aurait pu se rebeller contre une vie dont elle n’est en rien responsable, alors même qu’elle aurait pu devenir aigrie et amère, elle reste résolument attachée à la loyauté à sa mère, tournée vers l’acceptation des choses et vers un inconnu aussi terrifiant qu’incertain. Malgré tout, son vécu laisse des marques indélébiles sur sa psyché et c’est un personnage qui a des fêlures et qui nous émeut par le paradoxe qui émane d’elle : elle est à la fois d’une fragilité terrible car déracinée, malmenée par la vie, torturée par les événements et d’une force incommensurable de par ses pouvoirs et la colère qui la tient debout. Je suis donc très curieuse de voir comment elle évoluera dans la suite du récit.

Zuka est elle-aussi un personnage féminin intéressant : en butte avec les autres – et surtout avec Dhygan- elle semble être une bien frêle créature, qui ploie sans cesse le dos face à l’adversité. Cela lui confère un air un peu pâlot au début. Nous nous demandons ce que l’avenir lui réserve, en dehors de son statut de souffre-douleur. Lorsque les explications arrivent, nous comprenons que cette image qu’elle renvoie n’est pas le reflet de ce qu’elle est vraiment. Nous voyons la chenille s’enfermer dans sa chrysalide et bientôt, faire éclater le doux cocon protecteur sous la puissance de ses ailes majestueuses. Pour notre plus grand bonheur, en termes de rebondissements, il lui faut beaucoup de temps pour apprendre à se servir des dites ailes, et son envol plein et complet n’arrivera sans doute que dans le tome 2, néanmoins, il y a de quoi mettre le lecteur en appétit ici ! C’est aussi ce que j’aime dans les romans : le héros ne naît pas héros exemplaire et parfait, il se construit. Nous voyons ses errances et ses essais, des échecs et ses petites victoires, nous l’accompagnons dans sa construction de lui-même et nous pouvons mesurer le chemin accompli. C’est exactement ce qui se passe avec Zuka, qui reste, malgré les changements, un personnage entier, sensible et d’une loyauté totale.

Les personnages en apparence secondaires dans ce roman ne le sont pas tant que cela. Ce premier volet pose donc les bases d’un véritable affrontement à venir dans le tome 2 : j‘y vois de belles promesses qui me mettent en appétit. La princesse Hyrménia est à la fois glaçante et déterminée, Kwaz est un être à la fois cruel et intrigant. Je pense qu’il risque de nous réserver bien des surprises… et il risque même de dérouter ceux qui sont censés être ses alliés! Etonnamment, ce n’est pas la droiture que je sens la plus présente en lui !

Peerless est donc à la fois une magnifique ouverture sur un monde nouveau et une trépidante quête de soi et des siens. C’est un très bel équilibre entre présentation d’un monde nouveau, d’une galerie de personnages et rebondissements et coups de théâtre. Ainsi, le lecteur découvre, apprend mais ne s’ennuie jamais avec la sensation qu’on lui fait un exposé introductif. L’autrice réussit donc la gageure de nous ferrer et de nous emporter dans son sillage en plein cœur de conflits, de prophéties, de batailles certes montrées mais qui n’esquissent encore que les contours d’événements plus dramatiques à venir.

Peerless est donc un premier tome qui tient toutes ses promesses : des personnages émouvants et hauts en couleur, des légendes qui intriguent, une quête de soi, des rebondissements et des affrontements, tout est fait pour maintenir le lecteur en haleine, et aiguiser son appétit car la suite nous promet une véritable épopée! J’ai tout bonnement adoré.

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