Monstrueusement humain, Elodie Morgen.

Le titre de ce roman me plaisait énormément, ma formation littéraire, sans aucun doute qui ressort! Il y a là un très bel oxymore qui ravit mes yeux et mes oreilles. Vous ajoutez à cela le bonheur de découvrir une nouvelle autrice et une quatrième de couverture intrigante, il ne m’en fallait pas plus.

A dix neuf ans, Angelina a une vie loin d’être reposante. Elle avait été prévenue que les vrais monstres semblent parfois inoffensifs, mais cela ne l’a pas empêchée de se retrouver dans des situations périlleuses. Seule, isolée, luttant pour sa survie, elle est intriguée par une annonce alléchante et décide de tenter sa chance… mais cela va-t-il faire sa chance, ou son malheur? Une seule chose est sûre : l’avenir lui réserve bien des surprises.

Je commencerai cet avis par mentionner ce qui en a rebuté certains. L’autrice le dit elle-même, certaines scènes peuvent heurter la sensibilité du lecteur. Des thèmes lourds sont évoqués : la prostitution infantile dans certains pays – l’esclavage sexuel pour être plus précis – , les violences sexuelles, des scènes de torture puisqu’un personnage se trouve être sujet d’expériences. Je comprends aisément que cela ne puisse pas correspondre à tous les lecteurs. Ayant lu une chronique qui évoquait sa gêne à ces thèmes, j’ai été un peu plus attentive à la question et force est de constater que cela ne m’a absolument pas dérangée. Il convient également de dire que je lis énormément de polars – parfois violents- et de fantasy, donc oui, il y a de la violence et des thèmes humainement lourds dans ce roman, mais l‘écriture telle qu’elle est pensée ne va pas dans la surenchère et n’ajoute pas une dimension sensationnaliste. La seule inconnue reste donc la sensibilité du lecteur, et vous seul pouvez connaître la vôtre.

La narration de ce roman est fluide, si on excepte les thèmes qui peuvent ne pas plaire, rien n’accroche l’oreille. C’est donc une lecture qui glisse entre les doigts et les pages fondent bien vite. Nous sommes portés en avant, curieux de connaître l’issue de l’histoire mais aussi d’être fixés sur la vérité.

En effet, Monstrueusement humain a la particularité de se trouver à la croisée des genres. C’est à la fois piquant pour le lecteur et un peu déroutant, ce qui fait que nous ne savons jamais à quoi nous attendre, ni sur quel pied danser. Cela crée une forme d’instabilité savoureuse. Je me suis beaucoup interrogée sur la tournure que prendraient les événements, sur les types de rencontres que ferait Lina. Cela ajoute donc un peu de piment au livre et nous place dans une situation analogue à celle de l’héroïne : comme pour elle, le quotidien n’est qu’une succession de surprises – pas toujours agréables – et d’imprévus.

Ce roman emprunte très clairement à la Science fiction puisqu’il est question d’implants, de manipulations scientifiques destinées à contrôler le cerveau. Cette thématique permet de flirter avec l’horreur également, sans basculer totalement dans le récit horrifique. Le médecin responsable de ces essais se délecte manifestement de ce qu’il fait, la souffrance qu’il impose aux autres ne le dérange absolument pas, seules comptent ses expériences. Cela crée bien entendu une bulle de violence, mais pas plus présente que ce qu’on peut trouver dans d’autres types de romans. Monstrueusement humain pioche ensuite du côté de la fantasy avec la présence de vampires, parfois millénaires, parfois plus jeunes, avec les familles qui se mettent en place, leurs us et coutumes, leurs particularités. Un zeste d’histoire vient approfondir et donner corps à l’histoire des vampires, humanisant ces créatures et donnant un peu de profondeur au récit de leur vie, et enfin, une touche de romance parachève l’œuvre, mais avec ce qu’il faut d’originalité pour que la réfractaire à la romance que je suis puisse se dire à la fin, « ah oui, c’était bien amené! ». Vous trouverez donc ici un maelström d’inspirations littéraires qui donnent un roman atypique et original, qui joue avec nos nerfs sans nous excéder.

Je mentirai si je disais que j’ai été totalement surprise par la chute du livre. Certains aspects du roman sont attendus, et ne nous surprennent pas. Pour autant, le flou est suffisamment bien entretenu tout au long du récit pour que le lecteur doute de ses intuitions et qu’il pense être trop méfiant. Alors, certes, j’ai vu venir les révélations du dernier chapitre, mais cela n’a pas enlevé le plaisir de le découvrir, et mes déductions sont sans doute liées à mon habitude de lire ce type d’œuvres. Il n’y a donc rien de rédhibitoire là-dedans pour le lecteur.

Ainsi, j’ai passé un très bon moment avec Monstrueusement humain. J’ai beaucoup aimé découvrir cet univers panaché, empreint de mille et une références à divers genres, qui floute les contours de la réalité pour nous entraîner dans des aventures trépidantes et dans une étrange cavalcade. Âmes sensibles s’abstenir, âmes aventureuses : belle découverte à vous !

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