Le Dard du scorpion, Preston & Child.

Le Dard du scorpion est le deuxième roman de Preston & Child que je lis, autant dire que je ne respecte pas du tout l’ordre de la série, mais finalement, cela m’importe peu car cela ne gêne pas la compréhension, les rappels utiles sont faits, et la lecture n’est pas entravée. D’ailleurs, j’ai réalisé en cours de lecture qu’il aurait été judicieux que le lise Tombes oubliées d’abord, puisque dans ce cas là, j’aurais fait connaissance avec l’enquêtrice un peu plus tôt.

Dans ce volume, on retrouve le corps d’un homme, étrangement momifié, dans une ville du Nouveau-Mexique. Une croix en or datant du XVII e siècle est retrouvé à ses côtés et intrigue. L’archéologue Nora Kelly et Corrie Swanson, une jeune agente du FBI, doivent identifier le mort et percer le mystère qui l’entoure. Les légendes évoquant des trésors entourent la région, et bientôt dans le sillage de cette momie, les morts pleuvent. La présence de l’armée dans la zone soulève bien des questions aussi puisque la zone a été le théâtre d’essais nucléaires.

L’ensemble de l’intrigue forme un imbroglio assez dense. Il est par conséquent très intéressant de suivre les ramifications de l’enquête, de suivre les faits et gestes des enquêteurs, de voir leurs interrogations, leurs théories et leurs doutes. J’ai beaucoup aimé voir se déployer les indices, voir les intuitions se confirmer ou s’infirmer, voir les légendes compléter l’ensemble pour apporter en plus un voile historique et fabuleux à la situation. Bien entendu, il y a des situations que nous voyons arriver, des personnages que nous suspectons plus vite que d’autres, notamment des personnages antipathiques, qui s’avèrent être de plus en plus détestables au fur et à mesure que l’histoire avance. Un des éléments intéressant reste la façon dont les auteurs lient les morts à l’Histoire. Cela permet d’ancrer les choses dans un ensemble plus vaste, de donner un peu de profondeur à l’enquête, et accessoirement, cela m’a permis d’apprendre des choses aussi, ce que je trouve non négligeable.

Le duo féminin est vraiment savoureux. Autant Nora et Corrie jouent au chat et à la souris au début, ruant chacune de son côté pour ne pas céder, autant leur binôme est d’une efficacité redoutable. Mues par la soif de comprendre, de lever le voile sur cette tragédie, elles ne s’épargnent aucune peine et chacune y laisse des plumes : crainte d’avoir commis une faute professionnelle, crainte de se faire évincer au profit d’un collègue, besoin de faire ses preuves… Nos héroïnes sentent peser sur leurs épaules le poids des responsabilités.

Le fait que Corrie soit une jeune recrue du FBI offre d’intéressants rebondissements dans le roman. D’une part, elle a beaucoup d’intuitions, et elle est encore d’une spontanéité terrible. Cela la met parfois dans des situations embarrassantes, mais elle n’arrive pas vraiment à réfréner ce qu’elle pense, et cela se traduit immédiatement dans sa manière d’être parfois brusque, parfois trop téméraire. Elle commet donc des erreurs parce qu’elle ne prend pas assez de précautions. Dans une ou deux situations, le lecteur voit venir le piège ou le coup bas, et pourtant Corrie fonce tête baissée, sans se douter de quoi que ce soit. C’est parfois agaçant de la voir manquer ainsi de lucidité, mais en même temps, son enthousiasme est aussi porteur et fait avancer le roman tambour battant, alors, l’un dans l’autre, cela reste agréable à découvrir.

J’aurais beaucoup de plaisir à découvrir plus avant la figure de Nora Kelly. C’est un personnage au profil vraiment intéressant, elle est érudite et méticuleuse, curieuse et impliquée. Je pense vraiment lire Tombes oubliées pour la retrouver, car c’est un des personnages que j’ai adoré ici. Elle se montre très respectueuse des autres cultures, fait preuve de discernement et de justice dans ses choix. Ce personnage est pour beaucoup dans la saveur du roman à mon sens.

Enfin, sur la quatrième de couverture, on nous annonce l’intervention décisive de Pendergast, et j’ai été à la fois surprise et frustrée : en effet, il apparaît bien et se montre particulièrement précis et juste dans ses déductions, mais en même temps, il apparaît si tardivement que j’avais oublié qu’il était censé intervenir. En soi, ce n’est pas un souci puisque les personnages féminins portent déjà parfaitement bien le livre.

Ainsi, j’ai passé un très bon moment de lecture avec Le Dard du scorpion. C’est un roman policier prenant et intéressant, qui sait nous surprendre et ménager des rebondissements à la fois originaux et saisissants. Un vrai plaisir livresque à ne pas bouder.

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