Le Tombeau des âmes perdues, Marion Obry.

L’autre soir, j’avais envie de bouquiner, mais pas d’y passer ma soirée, je voulais lire une histoire courte et différente. Je me suis souvenue que j’avais cette nouvelle de Marion Obry qui m’attendait. Cela faisait coup double : tout d’abord, je pouvais enfin découvrir la plume de Marion Obry que je suis depuis maintenant plusieurs années avec les Editions Plume blanche (si chères à mon cœur), puis je pouvais me plonger dans un autre univers durant quelques heures avec un sentiment de complétude.

Ce récit se déroule en Egypte comme vous l’aurez compris au vu du titre et de la couverture. Le jeune Itan est un descendant des prêtres gardiens du tombeau de Seth, mais il est loin de se douter que son dieu l’a choisi pour être un réceptacle et pour pouvoir vaquer dans le monde des hommes.

Tout d’abord, ce petit livre offre une très agréable parenthèse. Pour moi qui adore l’Egypte et l’Antiquité, je me suis retrouvée en plein désert, caressée par le vent chaud du désert, suspendue dans une bulle hors du temps et pleine de magie et de splendeur. Les descriptions sont fines et précises et permettent de donner à voir la pyramide, le sanctuaire. Elle permettent aussi d’imaginer les personnages : Chadi est vraiment intrigante, Itan est intéressant par sa débrouillardise et par sa passion pour l’héritage de ses pairs. Le duo Seth / Chadi est également touchant. J’aime particulièrement leurs rencontres dans le plan astral qui exacerbent la part de mythe de ce récit et qui confèrent douceur et poésie au livre.

La chute du roman est à la fois attendue et surprenante : ce paradoxe m’a beaucoup plu. Le lecteur sent le piège arriver puisque la métaphore des amants maudits est filée tout du long ; mais pour autant, nous ne nous attendons pas tout à fait à ce que les personnages agissent comme ils le font. Cela ajoute un charme certain au livre en nouant une douce contradiction qui nous amène à sourire et à être surpris.

La part de mythologie est bien entendu conséquente puisque nous retrouvons les éléments attendus : Seth et son histoire – bien que ce soit sa part la moins violente qui soit ici réinvestie – Rê, le serpent Apophis et sa vindicte. Les légendes sont exploitées de manière à enrichir le récit et à lui donner corps. C’est on ne peut plus savoureux!

Enfin, et je ne suis peut être pas la seule, j’aurais bien voulu un peu plus de cette histoire. La fin me laisse un petit goût de trop peu. J’aurais aimé en savoir plus sur la suite pour Seth, pour Chadi et surtout pour Itan et ses relations au sein de la communauté, j’aurais aimé une confrontation père-fils… Bref, j’aurais aimé prolonger un peu la balade dans le désert.

Ainsi, Le Tombeau des âmes oubliées est une lecture très agréable et dépaysante. Comme souvent avec les récits brefs, il a les inconvénients de ce format : un goût de reviens-y qui est frustré par la dernière page.

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