Iphigénie la hardie. Audrey Poulat illustré par Reutty

J’ai reçu ce petit livre dans le cadre d’une masse critique Babelio que je remercie au passage, ainsi que les éditions Fatrasies, bien entendu. Je profite de ma réception pour l’intégrer au Pumpkin Autumn Challenge dans le menu Automne Douceur de vivre, catégorie « Fafnir ton assiette, sinon pas de piécette! » puisque c’est un conte.

Iphigénie la hardie présente un univers dans lequel des réfugiés affluent dans La Grande Ville, fuyant le Magicien. Les habitants de la ville s’inquiètent et certains veulent déjà chasser les migrants, pourtant, c’est peut être une de ces réfugiées qui sauvera La Grande Ville.

Iphigénie la hardie est un conte d’aujourd’hui, et par l’univers créé, il renoue à la fois avec le conte, la modernité et la mythologie antique. Par le titre, nous entendons « Iphigénie », la jeune femme sacrifiée par son père sur l’autel des dieux et de la guerre. Notre Iphigénie, ici, se dresse contre la guerre, contre l’exclusion des réfugiés et elle œuvre pour offrir une vie meilleure à ceux qui souffrent de la guerre. De la victime antique, elle devient l’actrice moderne, celle par qui le changement s’amorce, celle qui rassemble et fédère, celle qui réconcilie. J’ai adoré cette transformation que je trouve porteuse de sens. En plus du plaisir de revisiter un mythe, cela donne une dimension très féministe au texte. C’est une femme qui est actrice du changement et qui sait se faire subtile et précise pour contourner sa destinée, imposer ses choix et changer le monde, rien que ça! Bien sûr, le texte a aussi la portée d’un conte initiatique puisque nombreux sont les personnages qui apprendront quelque chose au cours de ces pages, au gré d’une rencontre, d’une discussion, d’un échange. L’expérience de la vie avec l’Autre est réellement le facteur du changement.

Ce conte est une magnifique ode à la tolérance et à l’acceptation de l’Autre. Porté par Iphigénie, les gens apprendront à voir les étrangers différemment, à ne plus avoir peur pour rien. Je pense que le message principal du conte réside là dedans : savoir s’ouvrir à l’autre pour pouvoir s’enrichir à son contact. Alors, bien entendu, comme dans tout conte, il y a une bonne part didactique, le récit est très bref, et s’avère être très gentillet par certains aspects. Les personnages changent assez vite, se laissent convaincre et émouvoir relativement facilement. Cela en fait une lecture très accessible y compris pour un jeune lectorat, même si un lecteur adulte pourra trouver l’histoire un peu simple. Malgré tout, Iphigénie la hardie est une lecture rafraichissante, qui fleure bon le respect de l’autre et la gentillesse, et cela fait beaucoup de bien.

Les dessins qui parsèment ce conte sont très modernes et ne m’ont pas emballée, par contre, il faut reconnaître qu’ils correspondent très bien au texte et l’ancrent toujours un peu plus dans la modernité. En ce sens, ils sont très efficaces et pertinents en accompagnement du texte.

Ainsi, Iphigénie la hardie est un petit conte tout doux, agréable à lire à tout âge et porteur d’un très joli message de tolérance.

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