Rozenn, tome 2, Laetitia Danae.

Couverture Rozenn, tome 2Un an après ma lecture du premier volet des aventures de Rozenn, je me suis lancée dans le tome 2. Et autant vous dire que j’avais franchement hâte de découvrir ce que l’autrice réservait à ses personnages ! J’ai donc longuement rongé mon frein… avant de dévorer la suite en deux jours.

      Dans ce deuxième tome, Rozenn est toujours aussi indomptable et elle se laisse entraîner à la suite des insurgés, pour tenter de libérer les djinns et pour renverser le pouvoir du sultan Maddy dont les exactions ne cessent de nous faire frémir. De découvertes époustouflantes en secrets abominables, Rozenn apprend aussi à se connaître et grandit, comme ses sœurs.

       Tout d’abord, m’immerger de nouveau dans l’univers du livre a été très facile. J’ai hésité sur un prénom, il m’a fallu deux minutes de réflexion, puis tout est revenu en cascade. Du coup, la lecture a été très fluide, et je n’ai absolument pas eu besoin de ressortir mon tome 1 pour le feuilleter. En quelques pages, j’ai été embarquée dans les aventures trépidantes de nos personnages et je me suis retrouvée hors du temps, pour mon plus grand bonheur. A moi le désert, le sable, la magie ancestrale et les luttes de pouvoir… aux côtés de personnages que rien ni personne n’épargnent!

       J’ai aimé les rebondissements et les renversements de situation qui peuplent cette suite. Il n’y a ici aucune redite, aucun effet de lourdeur. Le récit avance, les points laissés en suspens sont résolus, les personnages dévoilent leur nature profonde, pour notre plus grande surprise. Ce deuxième tome est d’ailleurs plus axé sur les aventures que le premier, qui offrait déjà un bel équilibre! La romance reste en filigrane, mais prend moins le pas. J’ai particulièrement aimé l’évolution des trois princes Maddy, celle de la reine aussi, à la fois fidèle à elle-même et surprenante. J’ai préféré Daire dans ce volet car elle gagne en maturité, sa naïveté sans borne se tempère au gré de ses désillusions, ce qui nous offre à la fois le spectacle douloureux d’un être blessé et un reflet crédible de la vie. Odeleen est toujours aussi touchante, avec ses airs d’Elisabeth Bennet, elle est pour moi l’incarnation de la raison sage (parfois résignée!). Elle me touche beaucoup. Pourtant, Rozenn reste le personnage emblématique par sa détermination, son courage, son audace et elle s’affirme ici encore comme la femme forte et aussi excessive parfois. Je trouve que les trois sœurs forment un très joli trio d’héroïnes, elles se complètent à la perfection : fortes et fragiles, humaines et pourtant parfois sans pitié. Elles sont complexes et intéressantes. Le personnage de Callum gagne aussi en épaisseur, il perd sa dimension un peu caricaturale de bel homme ténébreux et lunatique pour devenir plus humain. Je l’ai également préféré dans ce tome.

       De plus, la mythologie développée dans cette suite étoffe un univers déjà fabuleux. L’oiseau Rukh, les Éthérés, les pouvoirs des djinns désentravés, les jeux à Prétamia, les rituels précédant un mariage, l’historicité du conflit djinn – prétamiens… Ce sont autant de choses qui permettent de donner corps au monde imaginé et de le rendre consistant à nos yeux de lecteur. J’ai pu me représenter chaque parcelle d’Amadée, chaque détail du palais évoqué. Pour autant, la lecture ne pâtit pas de longues descriptions indigestes. Les éléments importants sont distillés au moment où nous en avons besoin. La plume de l’autrice est donc à saluer car elle fait cristalliser tout un monde sans alourdir le phrasé et la rythmique du récit.

        Enfin, j’ai aimé les révélations concernant le sultan Callahan Maddy. Ce personnage est savamment construit. Chacun de ses gestes, chacune de ses décisions est le fruit d’une stratégie et sert son grand projet. Il incarne parfaitement le serpent sournois qui ondule dans les herbes, faisant passer sa progression pour une douce brise… avant d’attaquer brutalement et de frapper à mort. Sa sauvagerie n’a d’égal que son absence de scrupule, et son intelligence reste au service de ses sombres desseins. Voici une très belle figure de méchant, qui ne tombe jamais dans la caricature ! Nous sommes effarés lorsque les masques tombent, tant il est habile manipulateur. J’adore cet adversaire.

       Ainsi, le tome 2 de Rozenn est tout aussi délectable que le premier, sinon plus. Le lecteur est emporté dans un tourbillon d’aventures, de mythes et de rites qui nous ensorcellent et nous laissent à la fois repus de notre lecture et désolés de quitter si tôt ce monde merveilleux. 

 

2 réponses sur « Rozenn, tome 2, Laetitia Danae. »

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