Tous les oiseaux du ciel, Charlie Jane Anders.

Tous les oiseaux du ciel par Anders      La couverture de ce roman m’avait interpellée par sa dimension paradoxale. Elle est à la fois très chargée puisque le lettrage se perd dans le motif, et à la fois très dépouillée puisqu’à part des oiseaux et un fond bleu, il n’y a rien.

      Tous les oiseaux du ciel retrace l’histoire de Patricia, une jeune sorcière qui parle aux animaux, et celle de Laurence, un petit prodige en informatique. Tous deux sont de grands incompris à l’école et à la maison, pourtant leur destin s’annonce hors norme et chacun prendra part dans un conflit qui dépasse l’individu seul.

      Voilà un résumé qui me faisait rêver! Je m’attendais à une histoire menée tambour battant, à des rebondissements, à une quête, une alliance, des déchirements… Et malheureusement, je suis restée sur ma faim. Le roman commence doucement et présente les protagonistes enfants, leur calvaire à l’école, leur rencontre et leur amitié. Jusque là, je prenais mon mal en patience puisqu’il faut bien mettre en place le cadre. Mais très vite, j’ai réalisé que cette rythmique lente allait perdurer. Les dialogues ne font pas  vraiment avancer le récit. L’amitié torturée, les déchirements entre les personnages perdurent en un jeu de chat et de la souris, à mon sens, très long. L’histoire se dilue donc dans les destins peu glorieux de l’un et de l’autre jusqu’à leurs prochaines retrouvailles et, avant la dernière partie de l’oeuvre, il ne se passe pas tant de choses que cela. Certains événements ne sont pas pleinement exploités à mon sens : les premiers événements surnaturels (les oiseaux qui parlent) ne sont pas suivis de conséquences, et un long creux s’installe. Le personnage de Théodolphus Rose m’a semblé caricatural et sa présence sert au début, mais nous en savons trop peu sur la guilde d’assassins. Lorsque nous le retrouvons à la fin du récit, sa présence ne fait pas faire un bond en avant capital dans l’histoire… De même, Milton, le patron de Laurence m’a semblé aussi caricatural. Nous l’entrapercevons et nous ne le voyons que pour les scénarios catastrophe qu’il annonce.

       De plus, fait rare, les personnages ne m’ont pas convaincue. J’aurais pu aimer Patricia, l’incomprise ou Laurence, le marginal. Mais quelque chose dans la narration m’a empêchée de m’accrocher à eux. Ils sont restés des étrangers, un peu loufoques, agaçants même, et dont les déboires ne me touchaient guère. La figure de la sœur aînée, Roberta, ne m’a pas non plus émue. Tyran dans son enfance, elle s’évanouit dans la nature et revient dans le récit sans que l’on comprenne bien l’intérêt de ce retour. C’est dommage car elle aurait pu jouer un rôle décisif dans la construction de Patricia et j’aurais aimé en savoir plus sur les deux sœurs. De même, j’ai regretté que nous n’en sachions pas plus sur l’organisation des sorciers. En effet, nous ne savons rien des études menées par Patricia dans son école de magie, ou très peu. Enfin, le conflit entre les sorciers et les ingénieurs m’a semblé réchauffé. La dichotomie des ambitions (sauver la planète et les espèces / trouver un nouvel espace à habiter et sauver une minorité) ne m’a pas bluffée.

       Enfin,  je pense que la plume de l’autrice ne me correspondait pas. Certains passages sont très clairement trop scientifiques pour moi et je me suis perdue dans les considérations évoquées. Certaines scènes de sexe m’ont fait lever les yeux au ciel, non que je sois prude, mais parce que le recours à une écriture crue ne m’a pas paru justifiée dans ce contexte où la relation relevait du coup de foudre, de la prise de conscience d’avoir trouvé l’être qui nous correspondait. Cependant, ce n’est ici que mon avis personnel, et ce que je n’ai pas aimé est peut-être justement ce qui en séduira d’autres. Même si le roman ne m’a pas plu, il y a des choses intéressantes : la question de l’intelligence artificielle avec la figure de Pèlerin, le système de l’Arbre et sa magie, l’alliance des deux par exemple.

      En conclusion, Tous les oiseaux du ciel n’est pas un roman pour moi : trop de considérations scientifiques, un rythme de récit qui ne m’a pas emballée et des personnages qui ne m’ont pas touchée. Cela a été une lecture laborieuse mais je suis contente de l’avoir achevée et de connaître la chute. 

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