Rani, t.1, Bâtarde, Jean Van Hamme.

Résultat de recherche d'images pour "rani tome 1"     Cette BD m’attendait patiemment chez ma mère, et j’ai profité d’une soirée sans sommeil pour la lire.

    L’intrigue se passe en 1743, l’Europe est tiraillée de conflits. Au milieu de ce tumulte, Jolanne, perd son père et est confrontée à la brutalité d’un frère qui veut l’instrumentaliser pour ses desseins et finit par précipiter sa chute au nom de ses seuls intérêts. Complots, mensonges, machinations, meurtres, rien ne semble arrêter cet homme.

      Ce premier tome permet de poser le cadre et les personnages de l’histoire, ce qui lui confère une dimension très introductive. Très vite, les conflits entre le patriarche et son fils sont évidents, la jalousie et le rejet de Jolanne par ce frère également. L’hypocrisie, l’avidité, la cupidité et la soif de pouvoir de ce Philippe nous sautent à la gorge dès les premières pages. Autant dire tout de suite que nous sommes pris d’une réelle aversion pour cet être vil, mesquin et menteur. Il est une anguille, il semble capable de se sortir de toutes les situations, en écrasant les autres. Il est méprisant mais surtout méprisable, guidé par ses bas instincts sexuels mais aussi par ses appétits frustres. Nous avons ici un personnage qui méprise les femmes et s’en sert au gré de ses besoins, quels qu’il soit. Bref, un détestable personnage qu’auteur et dessinateur mettent en scène de manière exemplaire.

      Cet homme forme alors une parfaite antithèse avec sa sœur, Rani. Jeune femme fougueuse, énergique, elle est d’une liberté que rien n’arrête, sauf la brutalité d’un monde d’hommes prêts à asservir les femmes. Sa liberté de ton est jouissive, surtout lorsqu’elle s’oppose à son frère. Très vite, elle apparaît comme un personnage entier, humain, et sincère. Sa meilleure amie est par contre très agaçante : elle a tout de l’oie blanche, naïve, presque sotte tant elle se laisse aveugler par les beaux discours des uns et des autres. Cela permet aussi de nouer un vrai contraste avec Rani et de mettre en valeur la lucidité de cette-dernière, une lucidité qui ne lui permettra malheureusement pas d’éviter les coups du sort.

    Pour ce qui est de l’intrigue, cela reste assez classique. Les rebondissements sont attendus. J’ai pu prévoir un certain nombre de choses et tout est majoritairement centré sur les conflits familiaux. C’est bien entendu logique pour un tome 1, mais, par conséquent, la tension véritable du récit n’apparaît qu’à la fin de ce tome, annonçant des aventures certaines. Je me suis donc sentie un peu frustrée  car ce premier volet ne m’a pas vraiment captivée et l’histoire s’est arrêtée au moment où j’aurais voulu connaître la suite.

      Enfin, le trait est intéressant. Les personnages sont réalistes, travaillés, et je retrouve ici beaucoup de choses que j’aime. Les personnages restent  bien campés, les expressions sont efficaces et le décor planté cadre avec l’époque sans aucune fausse note. Pour autant, je n’y ai pas trouvé une recherche folle. Entendons-nous bien, ce n’est pas rédhibitoire, mais je n’ai pas trouvé de poésie dans ce coup de crayon qui reste malgré tout efficace.

     Ainsi, ce premier tome de Rani est  agréable bien que classique. J’ai passé un bon moment, sans pour autant être transportée et mourir d’envie de me ruer sur la suite, que je lirai certainement malgré tout, par curiosité, car je pense qu’elle recèle des aventures intéressantes.

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