Le Mangeur d’âmes, t.1 Le gardien, Lapierre, Boutin-Gagné.

Résultat de recherche d'images pour "le mangeur d'âmes t 1"     Cette bande dessinée m’attendait dans ma PAL depuis quelques mois, et j’ai saisi l’occasion de la sortir : les valises à préparer, les vacances en approche et un SP qui ne pouvait se lire que sur ordinateur : une bande dessinée était l’intermède parfait!

     Avec ce tome, nous découvrons un monde où les créatures magiques existent et où des mystères restent à élucider. Ovide cherche son frère Gédéon, disparu depuis l’hiver. Alors que le printemps est encore froid, ses pas le mènent au bord du lac à l’écart du village, un lac à la sinistre réputation… et ce ne sont pas les disparitions mystérieuses de villageois au fil des ans qui rassureront les gens. Mais bientôt, une rencontre bouleverse les existences.

      Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé la structure de cette bande dessinée. Nous avons ici un récit enchâssé : un narrateur nous raconte l’histoire d’Ovide et de son frère et sa présence permet de donner une dimension un peu mythique à l’oeuvre, ce qui correspond pleinement au reste du propos et aux créatures mises en scène. Ainsi, l’histoire de Gédéon rejoint celle des marins disparus en mer, charmés par une Loreleï ou une sirène un peu trop belle et le mystère plane sur les raisons réelles de son absence. Cette structure trouve par ailleurs une résonance dans le dernier chapitre, car en bonus, les auteurs nous offrent la vraie mésaventure de Gédéon, telle qu’elle s’est déroulée et non telle que les autres l’imaginent, la fantasment et la racontent. Le lecteur trouve donc un réel plaisir à mieux comprendre les événements et leur enchaînement.

       Les dessins sont très intéressants dans cette oeuvre. Les personnages ne sont pas réalistes comme cela peut parfois être le cas, ici les yeux sont souvent très grands, nombreux sont les personnages qui semblent plus croqués que détaillés, et pourtant, une réelle harmonie se dégage de ces choix artistiques. Le trait du crayon parle au lecteur. Vif et expressif, il sert l’histoire au même titre que les plans et les paroles choisis. La manière de dessiner permet même des touches d’humour, introduisant du dessin dans le dessin, notamment lorsqu’il s’agit de la sirène. J’ai particulièrement aimé ce passage parce que ça parle à notre cœur et à notre imaginaire construisant d’un seul trait un ponts entre notre lecture et les siècles passés, rejoignant l’époque où les hommes dessinaient les monstres marins qui les terrifiaient, avec une poétique de la laideur au moins égale à celle de la beauté déployée dans les Arts. J’ai souri de ce dessin de sirène fait par les personnages et j’ai été touchée par tout l’implicite qu’il véhicule. Par ailleurs, nous trouvons une réelle esthétique du monstre ici aussi. Shoshaminissipeshimi (vous noterez la difficulté à prononcer et à écrire ce nom!) est une créature plutôt intéressante. A la fois serpent des mers, ver géant, lézard, il est un croisement étonnant de bêtes et nous sommes bien en peine pour identifier vraiment à quoi il nous fait penser.

      Pour ce qui est des personnages, je trouve aussi qu’il y a de jolies trouvailles. Ovide est sympathique et… parfois un peu gauche aussi, ce qui est très amusant ; le monstre est ciselé  et j’ai tout bonnement adoré les révélations le concernant à la fin. Par contre, j’ai été vite agacée par la sirène, et je pense que c’était là l’intention des artistes : elle semble sotte, provocante, et elle reste tout du long terriblement exaspérante! Étonnamment, mon personnage préféré n’est pas du tout le héros, c’est un personnage qui passe inaperçu tout au long du tome et qui se révèle dans les dernières bulles : Adélaïde, une vieille femme aux étranges connaissances, me paraît être la clef de voûte de la suite et m’intrigue terriblement.

      Enfin, pour être parfaitement honnête, je me dois de dire que j’ai été déçue au début. Je trouvais que le récit avançait peu, qu’il ne se passait pas grand chose, et je ne voyais pas le lien entre ce que je lisais et le titre dans la bande dessinée… et les dernières pages sont arrivées : renversantes, elles ont ouvert un éventail de possibilités qui m’interpellent au plus haut point et cela me donne envie de lire la suite pour mieux comprendre, pour avoir le fin mot de cette histoire.

      Ainsi, je dirais que ce tome 1 est une réussite! Sous couvert d’introduire l’univers, les personnages et l’intrigue, il nous endort, nous berçant d’une histoire mignonnette bien qu’emplie de morts, avant de nous porter l’estocade avec une fin captivante, qui soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. J’ai adoré me faire berner de la sorte : j’en redemande!

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