Male Mundi, t.1 Le goût de la vengeance, Anélie Hart.

Résultat de recherche d'images pour "male mundi anélie hart"       J’ai découvert ce roman auto-édité dans le cadre d’un service presse. L’autrice souhaitait avoir un retour sur son roman et avoir un regard extérieur supplémentaire pour identifier d’éventuelles coquilles.  Je ne m’attarderais donc pas sur les dites coquilles puisqu’au moment où je publie cette chronique, l’autrice travaille à les corriger.

    Ce tome 1 de  Male Mundi nous présente un monde au bord de l’implosion. Les entités présentes en ce monde (humains, vampires, sorciers et loups) se déchirent et les vagues de violence qui déferlent dans la société réaniment les vieilles rancœurs, les animosités et la soif de vengeance. Ainsi, l’héroïne Allegra se heurte à un monde en plein conflit, perd des gens proches et s’abîme elle aussi dans le désir de se venger, coûte que coûte. Sa quête nous entraîne bien loin dans des abysses sombres et inquiétants.

    Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé l’univers. Toutes proportions gardées, cela m’a un peu rappelé le monde des Shadow Hunters.  En effet, dans ce roman, un monde caché existe, peuplé de sorciers, de loups, de vampires. Un monde structuré avec des Conseils, un monde présidé par les trois Aînés qui tiennent les rênes d’une société fragilisée par des siècles de combats entre espèces. Malgré tout, ce monde reste inquiétant : la présence de la Milice, censée protéger les citoyens a un goût amer car elle ne protège pas tout le monde. La Loi reste assez arbitraire et inégalitaire. Les Hybrides, mi-loup, mi-vampire, font les frais de ce monde strict, dur, intransigeant où chacun doit rentrer dans une case, un monde hérité de périodes sombres et violentes. Cet aspect du roman est intéressant car il permet une évolution et il annonce de jolies choses en perspective. J’ai également apprécié que l’autrice nous conte l’Histoire de son monde : les guerres mondiales qui avaient déchiré la société, les raisons de l’apparition des loups, le travail autour de l’épidémie de grippe espagnole réinterprétée pour devenir un ressort dramatique. Alors, bien entendu, de temps en temps, ces informations apportent une dimension un peu didactique à l’oeuvre et nous sentons l’explication couper un peu le rythme du récit, mais cela reste très mineur, et, l’avantage, c’est que nous comprenons vraiment la structuration de ce monde caché.

      J’ai par ailleurs apprécié de retrouver l’articulation et la complémentarité entre les différentes sortes de personnages, les amitiés entre peuples. Allegra est en cela très intéressante puisqu’elle est une louve et qu’elle cultive une amitié avec un sorcier marginal, un suprématiste vampire,  et l’un des trois Aînés. La jeune louve est une femme forte : elle sait ce qu’elle veut et son caractère bien trempé lui attire bien des ennuis. Pour autant, j’ai aimé qu’elle sache aussi se remettre en question et s’excuser. Elle reste donc un personnage plutôt nuancé et son rôle central n’est plus à démontrer car elle porte  presque à elle seule l’intrigue, et le roman entier constitue l’histoire de sa vengeance d’une part et de son évolution, d’autre part. Il est d’ailleurs agréable de la voir changer peu à peu au fil des événements et de ses prises de conscience.

      Aaron et Will sont eux aussi intéressants. J’ai aimé Aaron le sorcier. Doux et protecteur, il est une figure touchante du roman, alors que Will est un peu plus caricatural et ne s’humanise pleinement que dans la deuxième moitié du roman. Quant à l’immortel Cesare, il est un personnage clef et ses revirements sont plutôt pertinents, traduisant les atermoiements de n’importe quel humain.

     Ce roman est complexe : il bénéficie d’une réelle structure permettant de relier tous les fils de l’intrigue. L’intrigue amoureuse autour d’Allegra et de ses prétendants nourrit la quête de Justice et de vengeance, en venant ajouter des rebondissements, la vie privée d’Aaron et ses déboires ajoutent un petit quelque chose fort agréable au roman, tout en étoffant le personnage. Vous l’aurez compris, ce livre est donc plein de renversements de situation et les êtres qui le peuplent ajoutent une strate supplémentaire en révélant de sombres secrets parfois.

       Enfin, autant être franche, il y a des passages qui sont très marqués romance et littérature sentimentale. Nous trouvons des scènes de séduction très classiques, des scènes d’amour qui parfois ont pu me sembler excessives, mais il convient de rappeler que je ne suis pas très portée sur la romance, sans doute qu’un amateur du genre ne serait pas gêné, et malgré tout,  cela ne m’a pas empêchée de poursuivre ma lecture. Il n’y a donc rien de réellement rédhibitoire là dedans.

      Ainsi Male Mundi est un roman agréable. Si certains éléments dans sa forme sont encore en évolution grâce au travail de l’autrice, l’aventure et les rebondissements sont bien là, et les personnages entiers ne laissent pas le lecteur indifférent. La chute laisse présager encore bien des aventures pour Allegra et ne manque donc pas de nous intriguer. Je suis pour ma part contente d’avoir découvert ce monde. 

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