Ayesha, La Légende du peuple turquoise, t1, Ange.

Couverture du livre : Les trois lunes de Tanjor, tome 1 : Le peuple turquoise   Voici ma dernière lecture pour le Pumpkin Autumn Challenge, mon livre pour la catégorie Au détour de Brocéliande, menu Automne enchanteur : nature, légende, tout était là dans Ayesha, La Légende du peuple turquoise!

     Ce premier tome nous plonge dans un autre monde. Nous apprenons à connaître la légende du peuple turquoise, réduit en esclavage depuis des temps immémoriaux pour leur peau claire et leurs yeux bleus, mais aussi la légende d’Ayesha, la libératrice. Nous suivons la quête de Marikani, princesse que l’on tente d’écarter du trône, et qui, après avoir rencontré Arekh, un guerrier condamné à être galérien, tentera de retrouver sa place.

     Dans ce roman, nous suivons une course folle. Nous sommes plongés d’emblée in medias rem, au plus près de l’action : un combat sur mer, des morts, des noyés, des rescapés et l’urgence. Fuir, fuir vite, d’autant que l’un des fuyard n’est autre que Marikani, princesse héritière, futur souverain d’Harabec. La violence et la nature s’entremêlent sans cesse entre ces pages. La course laisse place à de longues descriptions des lieux, qui semblent réellement magiques. La précision et les détails sont assez époustouflants et aucun détail n’est laissé au hasard. Les auteurs parviennent à récréer des régions entières. Peuples en surface et anciennes mines deviennent des alliés dans un périple semé d’embûches où la magie côtoie la cruauté des hommes et les plans machiavéliques des souverains en herbe. Nous assistons donc à une partie d’échecs grandeur nature et l’ennemi du jour peut devenir l’allié de demain si les rapports de forces changent ne serait-ce que d’un degré. Les autorités religieuses jouent d’ailleurs un rôle conséquent dans ce livre : elles sont à l’origine de l’esclavage du peuple turquoise et se mêlent des jeux de pouvoir plus souvent qu’à leur tour. Je ne vous cache pas que la question de l’esclavage fait hérisser toutes les parcelles de mon être, dans ce roman. Ainsi, il est très intéressant de voir la complexité du monde géo-politique créé sous nos yeux dans ce premier tome. 

     J’ai bien aimé la relation étrange qui se tisse entre Marikani et Arekh. Nous assistons à un étonnant ballet, entre haine et désir, abandon et soutien indéfectible. Ils vont, viennent, se pourchassent, se fâchent et paraissent toujours plus proches, plus liés par le Destin. C’est une association curieuse à laquelle Liénor, suivante et amie de Marikani, trouve à redire. Ces personnages forment alors un trio détonant entre haines, jalousie et amour… tout en restant attachants. J’ai longtemps voulu percer à jour le secret des jeunes femmes et je dois reconnaître, que même si je m’en doutais un peu, le secret est très bien gardé, jusqu’à la fin, ce qui est particulièrement savoureux.

     La vie à la cour d’Harabec est intéressante. Le lecteur est vite intrigué par les coutumes, les liens entre les personnages et par les différentes figures de souverain qui se dessinent au fil des pages. Le peuple des Exilés retient aussi notre attention tant leur intérêt est stratégique. Le plus de l’oeuvre, c’est de vraiment prendre son temps pour installer les choses et pour ne laisser aucun détail au hasard. Les éléments sont soignés, distillés au fil des besoins, si bien que des peuples entiers prennent vie entre ces pages.

     De prime abord, on pourrait donc se dire que j’ai adoré ma lecture, mais pas tout à fait… Mon bémol vient de deux choses. Arekh m’a agacée au début. Il est brutal, cynique et surtout, c’est une vraie girouette. Le duo qu’il forme avec Marikani est intéressant et savoureux, oui, mais par moment, c’est fatiguant d’assister à la énième scène du même type. L’aspect répétitif m’a un peu lassée, jusqu’à ce qu’Arekh assume enfin son choix. A cela s’ajoute la fuite qui n’en finit plus. Le chemin pour Harabec est long, ça, aucun doute. On ne peut pas reprocher aux auteurs d’avoir créé un chemin improbable par sa facilité… L’inconvénient étant que, du coup, nous avons de longues scènes analogues de course-poursuite et d’affrontements. La première moitié du roman a donc été vraiment difficile pour moi, alors que je mourais d’envie de le découvrir. Du coup, je suis un peu déçue, même si objectivement, il y a aussi beaucoup de points positifs.

     Ainsi, La Légende du peuple turquoise est une lecture dépaysante, à n’en pas douter. Les complots et les jeux de pouvoir sont légion, pour le plus grand plaisir du lecteur. Je regrette juste le temps qu’il faut aux intrigues pour se mettre en place et celui qu’il a fallu aux personnages pour trouver leur équilibre. C’est un bon tome 1, et je me tâte à lire le 2 :  si je crains d’avoir les mêmes réserves, je suis très curieuse de savoir ce qui arrive à cette femme hors norme qu’est Marikani.

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