D’encre, de verre et d’acier, Gwendolyn Clare.

D'encre de verre et d'acier par Clare     Une fois de plus, je suis tombée en pâmoison devant cette couverture. Qu’en dire? Elle est belle, poétique et terriblement attirante. Il ne m’en fallait pas plus, le résumé m’a achevée. Je l’ai donc sorti de ma PAL avec délectation et j’ai peut-être même triché un peu en le faisant entrer dans la thématique Witches Brew, Automne ensorcelant, du Pumpkin Autumn Challenge.

   Dans cet univers, les livres-mondes existent. Écrits à l’encre scriptologique, ils permettent de créer des univers parallèles que l’on rejoint au moyen d’activateurs de portails et selon une science très précise. Certaines personnes sont dotées d’un talent rare pour l’alchimie, la mécanique, la scriptologie… Elsa fait partie de ces gens, elle fait aussi partie des habitants de Veldana, un monde entièrement scripté, son paradis, jusqu’au jour où sa mère est enlevée. Une traque à travers l’Europe s’engage, trahisons, coups bas et découvertes l’accompagneront.

     En toute honnêteté, les cinquante premières pages ont été un peu difficiles car, dans cet univers, tout est nouveau et on ne nous donne pas de définition : la bordebrume, l’encre scriptologique, les livres-mondes… Nous peinons à comprendre les liens entre Elsa et Jumi, qui est sa mère mais dont elle parle avec une vraie déférence, comme si ce n’était pas sa mère, les liens avec les autres enfants…. et il faut un temps d’adaptation pour bien appréhender ce à quoi ça correspond et les contraintes de cet univers.

     Une fois ce seuil passé, nous sommes happés dans l’histoire. Nous suivons les aventures d’Elsa, qui se mènent tambour battant et, au fil des pages, nous découvrons d’autres personnages tout aussi intéressants. J’ai particulièrement apprécié l’ambivalence de chacun. Tous ont cette petite part d’ombre qui nous fait hésiter entre allié réel ou traître en puissance. Alek de Vries particulièrement! Je me suis longtemps demandé s’il ne jouait pas double jeu, s’il ne manipulait pas notre héroïne. Porzia et Gia m’ont fait le même effet, et l’attitude revêche de l’une, secrète de l’autre ne m’a pas aidée à les apprécier au début. Heureusement, dans ce roman, nous voyons les êtres cheminer. La confiance se gagne peu à peu, les défenses se baissent… pour le meilleur et pour le pire! Attendez-vous à des renversements de situation inattendus.

      Le récit est plein de rebondissements et la magie de l’univers créé avec ces livres-mondes autorise des aventures hors normes, exaltantes et particulièrement savoureuses. Une réécriture du Minotaure est glissée là, une manipulation via la magie à un autre endroit, du chantage, un arrière-fond féministe se dessine dans un chapitre, une romance également se profile bientôt…. S’il y a bien un passage un peu caricatural et attendu du point de vue romance justement, je trouve que ce bémol s’efface, malgré tout, bien vite au vu de tout le reste du roman. Bref, nous avons un roman dense et intense qui se lit d’une traite en dépit de son volume imposant.

      J’ai une tendresse toute particulière pour Elsa et Léo. Léo le sacrifié, l’abandonné, l’écorché vif qui a un problème évident d’attachement, mais qui est aussi prêt à tout donner et à soutenir. Elsa, la jeune fille emplie de certitudes qui toutes se fissureront au cours du temps et des événements, l’insoumise qui d’échecs en déceptions évoluera.

      J’ajouterai que je trouve particulièrement intéressant d’avoir croisé des éléments modernes « les livres-mondes », « l’encre scriptologique » avec des éléments un peu plus steampunk comme les mécaniciens et avec des éléments plus anciens comme l’alchimie. A cela s’ajoute un arrière-fond politique et idéologique puisqu’en ligne de fond, un combat pour l’unification de l’Italie est évoqué et sous-tend la quête de certains personnages. Cela donne un mélange étonnant, hors du temps et vraiment séduisant. L’intelligence artificielle due aux mécaniciens ne nous choque pas, tandis que l’alchimie permet de créer Skandar une créature hybride haute en couleur. L’ensemble formé d’éléments si épars, si hétéroclite est surprenant d’équilibre et de saveur.

     Ainsi, ce premier tome a tout pour plaire : un univers riche et dense, particulièrement ouvragé et orné de jolies petites pépites, un rythme effréné qui joue avec nos projections et nos attentes, des personnages profonds et nuancés. D’encre, de verre et d’acier est une merveille! J’ai d’ores et déjà envie de me jeter sur la suite. 

Une réponse sur « D’encre, de verre et d’acier, Gwendolyn Clare. »

  1. Ce n’est pas forcément une lecture vers laquelle je me serais tournée de prime abord, mais ton article me donne envie de me lancer ! L’univers a l’air vraiment très riche et je trouve effectivement cette couverture pleine de poésie… Je note le titre pour plus tard peut-être… 😉

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