Sakari traverse les nuages, Jan Costin Wagner.

Résultat de recherche d'images pour "sakari traverse les nuages"      J’ai fait une petite pause dans mon challenge automnal pour découvrir Sakari traverse les nuages de J. C. Wagner. J’avais déjà lu un roman de cet auteur dont j’étais ressortie très mitigée. Autant dire que j’étais enchanté d’en lire un  deuxième, pour me faire une idée plus précise.

      Sakari Ekman entre dans une fontaine, armé d’un couteau. Les policiers sont dépêchés sur place et bientôt un coup de feu. Deux vies basculent… et la souffrance. Le besoin de comprendre. Kimmo Joentaa enquête aux côtés de son collègue Petri, mais les ramifications de cette enquête sont plus profondes que prévues et d’autres drames se font jour.

      Tout d’abord, ce qui m’a étonnée dans ce roman, c’est son début troublant. L’espace de quelques pages, je me suis sentie perdue, et me suis demandée dans quoi je m’étais embarquée car je peinais à comprendre. La partie réservée à Sakari est effectivement troublante et pour résumer, le mot qui me reste, une fois le livre fermé, est « évanescent ». La réalité, la vérité s’enroulent et se troublent en un ruban qui nous échappe, nous emportant dans la folie ou dans un autre monde… A déterminer. Cela résume bien le personnage de Sakari : insaisissable, cet être est loin des hommes et de notre entendement, mais pour autant, il ne laisse pas indifférent. L’attitude du policier nous apparaît violente, intrusive, dérangeante et sa douleur nimbe le roman du voile de l’incompréhension, de la perte totale de repères. Nous ne savons plus qui est en tort, qui a raison, qui a agi avec justesse.

      L’enquête mettra au jour de sordides secrets. Familles éclatées, familles en deuil, familles en souffrance, familles aux accents criminels, tout s’entrelace doucement, à un tempo d’une douceur déconcertante au milieu de la violence de l’écrit. Seulement, si le rythme du récit est lent, il n’est pas pesant. Le calme placide de l’enquêteur, le soutien à son ami et l’absence de jugement sont autant d’éléments qui ajoutent à cette douceur et rendent le récit encore plus cotonneux. L’enquête est auréolé de moments de joie, de moments tendres apportés par Kimmo et sa fille Sanna. Et je dois avouer que ces moments sont très agréables et sont bien loin de freiner le texte. Kimmo prend de l’épaisseur, sa fille éclaire de sa gaieté les pages et bientôt, elle devient un personnage solaire que nous sommes contents de retrouver.

      Il ne faut pas s’attendre dans ce roman à une enquête menée tambour battant, à une action trépidante, et pourtant, cela ne dérange pas. Le lecteur se trouve bercé et plongé lui aussi dans un état second, comme Petri. Nous cherchons à percer le mystère de Sakari, figure angélique ou personnage torturé par de sombres démons? La réalité est peut-être dans un entre-deux. Les victimes deviennent à leur tour bourreau et certains cherchent à expier une souffrance qu’ils n’ont pas causé… emportant par la même occasion le lecteur dans un questionnement interminable. Finalement, ce roman n’est pas une tentative de résoudre un crime, c’est un cheminement pour comprendre l’humain, la faillite d’un – voire de plusieurs- être(s) et de rendre intelligible le cheminement d’une catastrophe.

 

      Sakari traverse les nuages est donc un roman dense et étonnant, caractérisé par une douceur d’écriture qui  détonne avec certaines réalités cuisantes narrées. Je suis enchantée par cette lecture qui m’aura tenue en haleine, et que j’aurai dévoré le temps d’un dimanche après-midi. 

 

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