Le Tricycle rouge, Vincent Hauuy.

Résultat de recherche d'images pour "le tricycle rouge hauuy"     Vacances… besoin de déconnecter. J’ai eu envie de découvrir une nouvelle plume. Je me suis décidée à commencer Le Tricycle rouge. Le titre est assez vague, la quatrième de couverture est intéressante. Vendu !

      Le roman met en scène Noah Wallace, un profileur brisé. Sa dernière enquête l’a conduit aux portes de l’enfer : mort de sa femme, graves séquelles pour lui. Pourtant, la résurgence de crimes analogues va le contraindre à reprendre du service, auprès de son ancien coéquipier : Steve. En parallèle, la jeune Sophie Lavallée enquête en eaux troubles sur un reporter disparu dans les années soixante-dix.

      Le début du roman est déroutant. Autant le dire, je me suis demandée dans quoi je m’étais embarquée. Le premier chapitre met en place de nombreux personnages dont on ne saisit l’importance qu’à la toute fin, lorsque les fils se dénouent enfin. L’écriture est parfois crue, puis Steve et Noah entrent en scène. Leur duo est étrange. Noah est très difficile à cerner et j’ai eu peur de tomber sur un type de récit que je n’aime pas : violent, cru et finalement too much pour moi… Et non! Grossière erreur. Une trentaine de pages plus loin, l’auteur m’avait ferrée! A mon sens, c’est un thriller du même acabit que Mör, de Johanna Gustawsson : dense, intense, violent, oui, mais sans tomber dans l’exercice de style et le sensationnel. Ici la violence est liée intimement à l’ensemble de l’histoire et à la problématique du tueur, car le roman nous emporte loin et nous plonge avec effroi au cœur des plus bas instincts entre manipulation, expériences et perversion. Un thriller bluffant de densité et de complexité pour une traque de meurtrier bien singulière. Il n’y a pas un temps creux, tout sert – à un moment ou à un autre.

      L’intrigue est une inextricable pelote de laine. Le lecteur, comme les enquêteurs, sont déboussolés, ne voient pas le bout de cette enquête aux innombrables ramifications, toutes plus dangereuses les unes que les autres. Remuer le passé reste d’une difficulté sans nom. Les deux enquêtes piétinent, avancent par saccades, se croisent jusqu’à ne faire plus qu’un et dévoiler toute la monstruosité de la vérité. C’est là que l’immense galerie de personnages mise au point par l’auteur joue pleinement son rôle. Elle contribue à nous emporter dans un tourbillon d’hypothèses et de spéculations. En fin de compte, l’auteur parvient à nous surprendre, à nous emporter et à nous piéger dans une toile d’araignée savamment construite. Ce patient travail sur le contexte, le passé et les personnages permet de faire émerger un tueur différent, de lui donner une vraie consistance et une vraie densité. J’ai énormément apprécié la figure de l’assassin : complexe et riche, le bourreau est aussi une victime, et finalement, nous nous surprenons presque à lui trouver des circonstances atténuantes, malgré l’atrocité de ses actes.

      Les personnages clés sont finement travaillés. Noah Wallace tout particulièrement est une pépite. Je n’en dirai pas trop pour ne pas gâcher la surprise, mais derrière cet être brisé se trouve une vérité sordide, terrifiante et sa quête pour arrêter le meurtrier devient une quête de soi. Le personnage de Clémence est saisissant aussi. J’aime sa liberté de ton, c’est un personnage atypique, brillant et étrange. Je ne suis pas certaine qu’elle ait livré tous ses secrets et je serais ravie de la retrouver. Sophie Lavallée m’a étonnée : elle m’a clairement agacée au début avec ses allures de jeune fille fleur bleue et mièvre… et elle s’est transformée pour mon plus grand bonheur! Cela fait aussi partie du charme du roman : les apparences sont trompeuses et gare aux jugements hâtifs!

     Enfin, j’ai aimé le travail sur les mots pour ciseler le personnage de Noah, des mots anciens, tombés en désuétude ou inusités. Je confesse volontiers avoir cherché certains dans un dictionnaire tant j’étais frustrée de ne pas saisir leur sens exact ! Pari réussi. J’étais bien accrochée.

    Le Tricycle rouge est donc un énorme coup de cœur. Je reste saisie par la complexité et le rythme haletant de ce thriller, par les mille et une ramifications d’une enquête qui nous mène aux confins de la folie humaine et des plus vils instincts. Addictif est bien le mot.

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