Le Silence, Jan Costin Wagner.

 le silence   Le Silence m’a été prêté et, comme j’étais ravie de découvrir un nouvel auteur, je me suis empressée de le lire!

     Ce roman policier garde des éléments classiques du genre : il y a trente trois ans, une jeune fille est morte. C’est à ce jour encore, un crime non élucidé. Et voilà que les choses se répètent! Une autre jeune fille, une autre bicyclette abandonnée et… un corps que l’on ne trouve pas encore. Voici de quoi remuer les souvenirs enfouis de plus d’un! De Timo Korvensuo d’abord, qui cherche à oublier son passé, mais aussi ceux de Ketola, jeune policier lors du premier meurtre. Kimmo Joentaa devra mener son enquête en eaux troubles…

     Autant le dire tout de suite, la narration est très particulière. Sur les cinquante première pages, j’étais un peu décontenancée. Le style y est alors presque télégraphique, froid, sans âme d’une certaine manière, et j’avais vraiment du mal à me raccrocher aux personnages. Impossible de les apprécier ou de les détester, d’ailleurs! Puis, le récit a évolué et je me suis rendue compte que je commençais à m’attacher à Kimmo Joentaa, que Korvensuo m’intriguait. Du coup, j’ai compris avec un temps de retard que ce début dérangeant était un moyen de mimer la mise à distance qu’opérait le personnage pour se désolidariser de ce qu’il voyait, ou faisait. Une sorte de manière de se placer en étranger au monde. Intéressant donc pour la complexité psychologique du personnage! Ma lecture s’est ensuite poursuivie sans heurt.

     L’intrigue est bien ficelée. Comme nous savons dès le début qui est l’assassin, tout l’enjeu est donc de savoir comment il sera démasqué et si la nouvelle disparition est bien de son fait. Je dois dire que, sur ce point là, l’auteur a su ménager le suspense. Nos espoirs et nos projections sont sans cesse déçus ! L’enquête récente prend des directions inattendues et l’ancienne m’a laissée un peu sur ma faim, mais j’en tairai la raison sinon, je vous gâcherai toute lecture du roman. Je dirai juste que c’est la première fois que je découvre une telle chute dans un récit policier, et qu’elle m’a laissé un petit goût d’inachevé, bien qu’elle soit tout à fait plausible.

     Les personnages du roman sont par ailleurs bien campés, pleinement humains, mais, étonnamment, je n’ai pas eu de réel élan du cœur pour eux. Les familles des victimes sont présentées de manière complète, la déliquescence du couple face à la tragédie est suggérée par touches, le couple de Korvensuo montre bien que le jardin secret de chacun peut parfois être glaçant, Ketola et son fils Tapani forment un duo douloureux et intrigant, Kimmo Joentaa est touchant par sa détresse personnelle. Sans doute me faudra-t-il une autre plongée dans l’univers de Jan Costin Wagner pour me sentir plus proche de ces personnages.

      Ainsi, Le Silence est objectivement un bon roman policier. Des retournements de situation sont bien présents, l’intrigue avance, la chute déjoue nos attentes et  la psyché des personnages est exploitée pour prendre tout son sens au sein de l’oeuvre. Mais je suis restée un peu en surface, faute d’avoir été vraiment conquise par un personnage et/ ou par la fin.

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