Seven, Les Héritiers, Maëva Catalano.

      La couverture de Seven nous annonce un road trip dans des étendues désertiques et désertées, vides d’espoir… Promesses tenues!

      Le roman s’ouvre sur la lassitude des Dieux face aux hommes et par leur projet d’anéantir, une fois de plus, la Terre. Mais ils entendent donner une dernière chance à cette humanité décidément bien décevante. Au cœur de la fin du monde, une petite poignée sera épargnée, notamment sept enfants à naître et parfois leurs parents. Six garçons et une fille, qui se verront affublés d’un des sept péchés capitaux, en même temps que de la responsabilité de l’avenir humain. Pour les aider à supporter un tel poids, les divinités de tous âges leur confèrent aussi un supplémentent d’âme. Chacun sera la réincarnation d’une figure mythique… A voir si ce sera pour le meilleur, ou pour le pire une fois conjugué avec le péché qu’ils portent. A leur dix-huit ans, mû par une force irrépressible, leur road trip commence. Et nous trouvons là une intéressante réécriture du Destin antique : ces jeunes deviennent les jouets des dieux qui parfois s’impatientent, parfois leur viennent en aide.

      Le réseau de personnages de ce roman est particulièrement dense et complexe. Il forme un maillage serré dont on ne saisit toute l’ampleur qu’à la fin, et c’est là, un coup de maître. Nous sommes perdus dans ce monde apocalyptique, comme les héros, jusqu’à ce que certains fils se dénouent, dévidant la pelote dans son intégralité. Qui est Paula? Qui est vraiment Mandson? Pourquoi ses fils Jay et Malik détestent tant les femmes? Pourquoi les enfants arrivent-ils devant chez Evangéline, seuls et abandonnés? L’organisation qui préside à ce nouvel ordre du monde, déchiré entre bandes rivales, qui se détestent et s’exploitent, se manifeste dans toute son horreur lorsqu’enfin l’héroïne grandit et prend sa vie en main. Ce n’est qu’alors qu’elle comprend – et que nous comprenons- quel était son vrai rôle.

      Pour ce qui est de nos sept héros, ils sont, en eux-mêmes, une énigme constante pour le lecteur : alliance d’un péché, d’une part d’humanité et d’une part de divinité, ils doivent apprendre à se dompter pour affronter l’adversité et pour séduire Dakota, qui est la clef envoyée par les dieux… Pour le lecteur, il est parfois difficile au début, de se repérer et de se souvenir de la personnalité complète de tel ou tel jeune, puis progressivement, par leur manière d’être et d’envisager le voyage ainsi que les relations humaines, cela nous vient naturellement. L’auteur a su rendre ses personnages attachants et complexes : j’ai adoré détester Nate, j’ai aimé la réserve douce et ferme de Wyatt, j’ai apprécié Evan un temps, puis il m’a agacée… comme les personnages ne sont pas figés, les rebondissements sont légions. Nous assistons à un réel apprentissage au milieu de cette quête, et jusqu’à la dernière ligne, nous ne sommes pas certain de ce qu’il adviendra. C’est là un tour de force.

      D’affrontements en succès, de plaie divine en fous rire, plus souvent défaits qu’à leur tour, les héros restent persévérants et étonnamment confiants, nous voyons les amitiés se former, se fissurer sous la souffrance d’un voyage hors norme et nous voyons l’unité disparaître progressivement jusqu’à l’heure du choix. Un choix qui s’est révélé être celui que j’attendais, et j’en suis ravie! Mais un choix qui joue avec nous et déjoue aussi nos attentes car, finalement, il n’est pas synonyme de fin. Au contraire, il laisse la porte ouverte à l’avenir et aux multiples aventures qui attendent encore les personnages.

     Vous l’aurez  compris,  j’ai aimé l’épaisseur narrative de ce roman. Il allie un monde post-apocalyptique, au récit d’apprentissage, à la quête initiatique des sept jeunes et à une romance. Entre jeux de séduction, amitiés naissantes et répulsions quasi instinctives, un équilibre est trouvé et, bien souvent, l’humour est présent pour désamorcer la situation quand elle pourrait devenir lourde. J’ai apprécié, moi qui n’aime pas vraiment les romances.

      Enfin, je me dois de dire un mot sur un des élément originaux de ce roman: il est doté d’une BO! Il n’en fallait pas plus pour m’intriguer dès la 2e page! Et c’est très amusant, car avant même d’avoir commencé la lecture, je me suis amusée à essayer de trouver qui serait qui et qui aurait tel ou tel péché.

      Ainsi, Seven est un roman dense et original : réécritures mythiques et bibliques, personnages aux multiples facettes, quête initiatique et récit d’amitiés plurielles, parfois écrasées sous le poids d’une destinée, tout est là. Le roman est très équilibré et nous pousse en avant dans un road trip qui dépasse l’entendement. J’ai beaucoup aimé ma lecture.

 

Une réponse sur « Seven, Les Héritiers, Maëva Catalano. »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s