Aquarica, T1. Roodhaven, Benoît Sokal et François Schuiten.

Résultat de recherche d'images pour "aquarica"     Quelques jours avant de partir à l’assaut du Salon du Livre de Paris, j’ai cédé à une envie de BD. Aquarica était tout indiqué : presque 80 pages, donc suffisamment substantielle pour ne pas rester sur ma faim,  et une promesse de mystères grâce à la quatrième de couverture. Une voix de grand-mère enjoignant sa petite fille à partir à l’assaut du monde moderne, une robinsonnade suggérée et des êtres hors du temps et de la société…

     Aquarica est une BD prenante. Le tome 1 s’ouvre sur un événement hors norme au sein d’une petite bourgade : un monstre marin s’échoue sur la plage… Un monstre ou un étrange navire? Le mystère plane. Les vieux loups de mer de Roodhaven sont intrigués… mais pas seulement! Car, sur la carapace du monstre, ils aperçoivent un morceau d’une épave célèbre La Golden Licorn. Leur soif de comprendre n’aura d’égal que leur rancœur face à la mer et aux baleines qui leur ont pris amis et bateaux. Quant à la mystérieuse jeune fille retrouvée dans ces circonstances, elle devra lutter pour mener à bien sa mission.

       Ce premier tome est très ambitieux. Il pose un univers dense qui se déploie sur plusieurs générations :  d’Aquarica à son arrière-grand-père, de la jeunesse des marins à leur vieillesse gangrenée par l’amertume. Le récit s’ancre donc dans une vraie temporalité et nous propose un monde étonnant, fait à la fois de noirceur et de lumière, de poésie avec le paradis terrestre et de souffrance avec la bourgade en crise. Tout l’enjeu est de relier correctement les fils et de faire sentir les intérêts antagonistes de chacun. En cela, ce tome est une réussite. Il fait exister chacun par ses aspirations et ses espoirs – qu’ils soient positifs ou non. Nous assistons donc à un étrange ballet. Ceux qui veulent empêcher un monde de se disloquer et ceux qui touchent enfin du doigt leur rêve d’anéantir ce même monde se croisent sous la plume et le crayon des auteurs. Le lecteur assiste aux alliances qui se créent. Et, il faut l’avouer, elles sont plutôt prévisibles.

       La contrepartie de tout ceci est inévitable : il faut du temps pour poser toutes les bases. Du coup, j’ai trouvé ce premier tome un peu lent à démarrer. Il se passe finalement assez peu de choses, à mon sens, et l’action ne s’enclenche vraiment que vers la fin. C’est pourquoi je ressors un peu frustrée de ma lecture.

    Enfin, les graphismes sont intéressants. Ils mettent en valeur les marins bourrus, aigris par le temps et par les rudesses de la vie et de la mer, ils rendent palpable leur soif de vengeance. Ils montrent aussi toute la détermination de la jeune fille à sauver le paradis terrestre qu’elle aime. Néanmoins, je ne suis pas emballée. J’ai trouvé les traits finalement assez rudes… bon, il s’agit là d’une affaire de goût personnel, bien sûr.

       Un zeste de légende, une courageuse aventurière, une odyssée à venir pour sauver un paradis terrestre, rancune, vengeance et merveilleux, tout y est. Malgré tout, le bilan  reste mitigé pour moi : Aquarica propose certes un menu des plus alléchants, malheureusement, la mise en place de l’univers a été un peu lente et les graphismes ne  m’ont pas emportée. Le tome 2 devrait venir à bout de certaines de mes réserves…

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