Croire au matin, 5 écrivains à la rencontre de Charles Palant.

Croire au matin      Croire au matin, Cinq écrivains à la rencontre de Charles Palant est une oeuvre étonnante. Je ne sais pas vraiment à quoi je m’attendais, mais j’ai été surprise par ce que j’ai trouvé entre les lignes et par la résonance que cela a trouvé en moi. Commençons par ce que ça n’est pas : ce n’est pas un témoignage sur les camps de concentration.

    Ce livre nous parle de l’homme, de Charles Palant, de l’ancien déporté – brièvement-, de l’homme qu’il fut, de l’enfant, de celui qui s’est reconstruit, qui a lutté et de celui qu’il a été après les combats, ou plus précisément à l’heure des derniers combats, celle où Elisabeth Brami, Noëlle Châtelet, Alexandre Jardin, Mazarine Pingeot et Alice Zeniter l’ont rencontré.

      Chacun de ces auteurs éclaire une facette de l’homme et, peu à peu, entre les lignes, j’ai cru voir se dessiner une silhouette, un rire, une voix. Et c’est là que le livre m’a touchée : il donne à entendre l’humain sous le drame, l’homme sous la déportation. A travers ces entretiens, j’ai pu saisir des bribes de la voix de Charles Palant, des bribes vibrantes d’humanité, d’amour pour l’Autre, pour la Justice et une voix brillante, façonnée par la vie et ses malheurs. Je retiendrai de ce livre le destin d’un homme, le combat pour la dignité, mais aussi l’optimisme, la modestie et le regard, que je m’imagine clair – je ne sais pas pourquoi-, tourné vers un avenir que l’on rêve meilleur, tout en étant lucide sur ses errances.

      Tout d’abord, il faut le reconnaître, les entretiens n’ont pas tous touché une corde sensible en moi. J’ai vraiment aimé celui d’Elisabeth Brami, qui se confie à nous aussi, en nous confiant sa rencontre avec Charles Palant, mais deux autres m’ont bien plus remuée.

      J’ai été particulièrement émue par l’entretien de Noëlle Châtelet qu’elle a axé autour de la parole et dans lequel on sent la complicité nouée affleurer. La réflexion sur le langage a fait vibrer quelque chose en moi. L’homme et la parole, salvatrice parfois, clef de la construction identitaire souvent, parole pour donner à entendre l’indicible malheureusement, mais aussi silences éloquents… L’amour de la langue traverse tout cet entretien et rend Charles Palant touchant, en tant qu’homme et non seulement en tant que rescapé d’un drame atroce.

      L’entretien d’Alexandre Jardin m’a également captivée. La réflexion autour du courage et de la lucidité, de l’emploi de chacun, de la nécessité de chacun dans tel ou tel contexte était particulièrement intéressante et nourricière, justement. Entre les lignes, j’ai été saisie par l’homme, par le regard qu’il portait sur l’entre-deux guerre, sur l’après-guerre, un regard sans apitoiement, un regard lucide, et presque doux.

      Une fois le livre refermé, je garderai le plaisir et l’étonnement d’une belle rencontre, le regret de ne pas avoir rencontré Charles Palant en personne, et l’admiration pour un homme qui a transfiguré un passé plus que douloureux pour s’engager encore et toujours du côté de l’Humanité, en qui il semble ne jamais avoir perdu la foi. Une fois de plus, j’ai reçu une belle leçon de lucidité, de courage et d’humilité et j’en ressors un peu autre. Je ne peux donc que remercier Babelio et les éditions Calmann-Lévy de me l’avoir fait découvrir.

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