La tombe des lucioles, Nosaka Akiyuki.

 Résultat de recherche d'images pour "la tombe de lucioles"     Cela faisait un très long moment que ce livre était dans ma bibliothèque, attendant le moment propice pour me tendre les bras…. C’est désormais fait, et il m’a bien fallu quelques jours avant que je ne puisse écrire à son sujet. Le temps de faire mienne cette histoire et de la laisser prendre toute son ampleur. Le livre est composé de deux nouvelles, aussi parlerai-je des deux, de manière distincte.

      La Tombe des lucioles est la première. Il est vrai que j’ai toujours trouvé son titre éminemment doux et poétique. La couverture du roman ne fait que renforcer cet effet…. et l’ensemble trouve un contrepoint entre les lignes. On nous raconte l’histoire terrible de deux enfants, Seita – le grand frère- et Setsuko, leur vie pendant et après les bombardements, alors que la guerre fait rage. Orphelins, nous suivons leurs tentatives de survie, leurs vagabondages dans l’espoir de jours meilleurs et leur adoption des lucioles.

      L’histoire est sombre, osons le mot, cruelle, dure et la narration suit à la perfection le sordide et le sinistre de leur pauvre existence. Sans apitoiement, mais avec une force d’autant plus expressive et communicative, elle nous livre le drame de deux petites existences, innocentes et fragiles, le drame d’un pays, et nous emporte le cœur en même temps qu’elle nous tire des larmes. La langue est tantôt triviale, donnant à entendre les gens et leur parlure, tantôt douce et poétique, presque rêveuse. L’indicible nous est livré, petit à petit, entre les lignes. 

      L’auteur dresse un portrait incisif des familles, qui tend à l’universalité: la mère, malade, qui sait qu’elle ne survivra sans doute pas et prépare l’après, la disparition d’un père suggérée plus qu’elle n’est formulée, un grand frère qui a grandi trop vite pour soutenir, apaiser et protéger sa sœur, des membres de la famille obtus, pleins de préjugés, cruels et égocentriques à l’instar de la tante des enfants. Nos deux héros semblent tomber de Charybde en Scylla, sans pour autant s’en émouvoir, et ils gardent une fraîcheur et une douceur juvénile d’autant plus poignante que nous, nous savons le sort qui les attend… car cela nous est dit dans les premières pages.

      Cette nouvelle est donc l’irrésistible chute de deux enfants, ballottés par l’Histoire et par les Hommes, endurant des souffrances hors de leur âge et pourtant  qui gardent un regard émerveillé – grâce aux lucioles- sur un monde bien trop sombre. J‘ai aimé cette nouvelle bien entendu, mais le sujet est si pesant que je ne saurais dire que c’est un coup de cœur. 


       Les Algues d’Amérique est la deuxième nouvelle du livre. Autant le dire tout de suite, je l’ai lue après la Tombe des lucioles et elle m’a paru fade, des personnages m’ont semblé plus caricaturaux, et en même temps, elle illustre une autre facette de ces heures sombres du Japon. 

       Elle se déroule dans les années 60, Toshio a envoyé sa femme, Kyôko, passer des vacances à Hawaï et elle rencontre un couple d’Américains qu’elle trouve charmant: les Higgins. Ces-derniers annoncent un jour leur venue au Japon, La jeune femme décide de tout mettre en oeuvre pour les recevoir et rendre leur visite exceptionnelle.

       A partir de là, on alterne entre l’histoire présente et les souvenirs de Toshio : la guerre, la présence des Américains au Japon après la guerre, les pénuries… et le héros a des sentiments antagonistes pour ce couple étranger. Alternant haine de l’Autre et désir de lui plaire, la nouvelle s’égrène avec les contradictions de ses héros, et j’avoue m’être un peu ennuyée, en grande partie parce que les personnages n’ont pas réussi à me toucher. Toshio est ridicule dans son désir de bien faire, et le renversement de situation à la fin du récit est assez savoureux, mais la nouvelle n’a pas réussi à m’emporter  – sans doute d’ailleurs parce que sa charge émotionnelle n’était pas assez forte après la première. 

       Pour conclure, je suis ravie d’avoir enfin lu ce livre: j’ai été touchée au-delà de ce que les mots peuvent dire ! Je relirai avec plaisir la « Tombe des lucioles » dans quelques temps, mais pas la seconde…. Et je vais enfin m’autoriser à regarder le film réalisé par Isao Takahata, Le Tombeau des lucioles!

 

2 réponses sur « La tombe des lucioles, Nosaka Akiyuki. »

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