Nina, Naëlle Charles.

J’aime beaucoup découvrir de nouveaux auteurs de thriller ou de polars, alors, je ne me suis pas fait prier pour lire Nina de Naëlle Charles. La couverture m’a plu, sobre et très esthétique avec un joli rappel grâce au jaspage rouge.

Tout d’abord, j’ai trouvé cette lecture très fluide. Les pages ont vite fondu entre mes doigts sans qu’entrer dans l’histoire ne soit difficile. Nous comprenons vite qui sont les personnages, leurs liens. Il faut dire que nous sommes presque sur un huis clos à hauteur de village : les principaux acteurs étant Nina et sa famille, des voisins, les policiers, le personnel de l’hôpital où travaille la mère de famille, et quelques habitués d’un bar-café.

Une fois la disparition de Rose, c’est sa fille Nina qui est la clef du roman : elle est celle qui s’inquiète, celle qui veut protéger, rassembler, éclairer les événements et trouver la vérité. En cela, elle est touchante et l’ensemble du livre représente une véritable quête de vérité : elle ne peut pas se résoudre à la conclusion d’un suicide et, patiemment, elle construira les conditions qui lui permettront de mettre au jour les secrets enfouis. Nina n’est cependant pas un personnage monolithique, bien au contraire. Elle a eu son lot de misères, elle a des fêlures qui sont plus des lézardes tétanisantes que des petites anicroches dans un parcours. C’est une jeune femme qui a souffert et qui semble en permanence marcher sur des sables mouvants. Cela ne donne que plus de force à sa détermination et cela pousse le lecteur à l’accompagner. Comme elle, nous brûlons de savoir ce qui s’est passé, et par la même occasion, nous brûlons de savoir ce qui lui est arrivé à elle.

Ce qui est très étonnant dans ce roman, c’est que peu de personnages sont réellement sympathiques : la meilleure amie de sa mère est assez évanescente, le frère de Nina est détestable à souhait sur une bonne moitié du roman, le père ne brille pas non plus par le potentiel d’empathie qu’il suscite. L’ensemble du livre est porté par Nina. Son parcours n’en est que plus saisissant. Il y a bien sûr quelque chose de romanesque là-dedans. Partir de rien, reconstruire sur les cendres de son passé et exhumer la vérité, voilà qui est très cinématographique. Pour autant, ça marche. Et cela marche d’autant plus que l’autrice prend le temps de déployer son récit sur plusieurs années. Cela assure en cohérence. Vous trouverez donc différentes temporalités dans ce livre. Le temps du fait divers, de l’enquête classée. Le temps de la reconstruction et la patiente mise en place des éléments. Le temps de la révélation. Toutes ces temporalités ont leur intérêt propre et aucune n’ennuie le lecteur.

La chute du roman m’a beaucoup plu. Les révélations et les moyens entrepris pour y arriver m’avaient déjà satisfaite, mais l’ultime renversement de situation m’a surprise et saisie tout à la fois. C’est donc une lecture que je recommande, parfaite pour des vacances et pour se détendre. Mon seul bémol vient de certains dialogues entre Nina et son amoureux que je n’ai pas toujours trouvés très convaincants, autant dire que ce n’est pas un gros « reproche », et il y a fort à parier que vous n’en serez – de votre côté- pas incommodé.

Ainsi, Nina est un thriller domestique efficace : le roman nous emporte, et dans le sillage de Nina, nous nous confrontons avec bonheur à une cold case à même de nous apporter de délicieux moments de lecture.

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