
Ce troisième volet des Demoiselles d’Oxford Street, je l’attendais impatiemment. J’avais adoré le tome 1, savouré le tome 2 et j’avais vraiment hâte de savoir ce que l’avenir réservait à nos jeunes femmes. Je n’ai donc pas hésité longtemps avant de le lire.
Tout d’abord, je dois dire que j’ai eu grand plaisir à retrouver les héroïnes. Ce troisième volet permet d’approfondir l’univers et de donner plus d’ampleur à celles qui étaient les plus jeunes et les plus timides dans les tomes précédents. Ainsi, j’ai trouvé que Maggie prenait une belle place, elle s’autonomise, prend des décisions et des initiatives et elle s’autorise une autre voie que celle de ses amies, elle reste proche d’elles, mais elle est elle-même. J’ai aimé la voir grandir et évoluer. Ses choix sont intéressants et donnent de la profondeur au personnage. Comme elle n’est pas mariée, elle est celle qui peut s’engager et son envie de devenir infimière pour participer à l’effort de guerre offre aussi une cohérence historique au récit puisque de nombreuses femmes ont fait ce choix dans un élan patriotique. J’ai également beaucoup aimé le personnage de Marion à qui il arrive de nombreuses mésaventures : son univers professionnel évolue et elle y est brillante, à sa façon ; mais l’envers du décor est plus triste. C’est une jeune fille d’autant plus méritante qu’elle est obligée de se battre pour elle et pour ses frères et soeurs. Nous la découvrons solide, véritable pilier pour les autres dans le secret du foyer. Elle dégage une belle force et une humanité terrible, ce qui fait d’elle un personnage très attachant. Enfin, Minnie a aussi une belle place dans ce tome. De cette façon, nous voyons évoluer des femmes de tous âges et de toutes situations : la jeune fille prête à marier, la jeune veuve, les jeunes épouses, celle qui pensait qu’elle resterait vieille fille… C’est un récit résolument féminin.
Pour ce qui est de notre trio : Sally, Beth, Rachel, les événements sont plus attendus, moins trépidants. C’est peut être ce qui m’a chagrinée. J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de sur place dans leurs histoires, j’ai bien conscience que cela permet justement de faire la part belle aux autres, pour autant, j’ai regretté qu’il n’y ait pas plus.
Ce tome m’a globalement laissée sur ma faim. J’ai adoré voir les rebondissements concernant Minnie et Marion, mais pour le reste, le récit est plus historique : nous suivons la montée des tensions jusqu’à l’éclatement de la première guerre mondiale. J’ai eu la sensation désagréable que le récit piétinait, rendant certains passages parfois indigestes. J’ai dans l’idée que c’est transitoire. Je suppose que ce tome permet de placer le contexte, et comme une partie des figures masculines partent au combat, cela donnera lieu à des rebondissements dans la suite, les femmes restant à l’arrière auront elles aussi de nouveaux défis à relever. Je ne renonce pas à lire le volet suivant, s’il y en a un un jour, car je suis convaincue que le décor est désormais posé pour faire encore vivre de trépidantes et poignantes aventures à nos héroïnes.
Ainsi, L’été des au revoir m’aura apporté moins de plaisir livresque qu’escompté, même si j’ai eu plaisir à retrouver nos drôles de dames. Je leur suis toujours aussi attachée et je découvrirai avec bonheur la suite de leurs aventures tant je pense que l’avenir -et l’autrice- leur réserve des surprises mémorables.