Les Amants de Catane, Cristina Cassar Scalia.

Je suis férue des enquêtes de Vanina Guarrasi et je ne boude pas mon plaisir à chaque nouvelle enquête. Les Amants de Catane ne fait pas exception…. une fois entre mes mains, je ne l’ai pas fait attendre longtemps dans ma pile à lire !

Dans ce volet, un certain Esteban Torres est retrouvé mort. Cet Américain d’origine cubaine, qui s’est installé en Sicile, est retrouvé dans sa voiture, sur le parking de l’aéroport. Le corps de sa maîtresse est retrouvé peu de temps après, alimentant le suspense. L’homme avait par ailleurs des liens supposés avec la mafia et baignait dans l’univers des jeux clandestins… Les possibles ne manquent pas pour les enquêteurs, entre crime passionnel et règlement de compte.

Les romans de Cristina Cassar Scalia sont toujours déroutants. Les premières pages sont ardues. Je connais mal l’histoire de Cuba, je connais mal la Sicile et l’évocation de tous ces aspects là m’ont un peu perdue. Longtemps au début, je me suis demandée où l’histoire allait, je me sentais ballotée entre les personnages nouveaux liés à l’enquête, j’ai même eu peur de passer à côté de cet opus. Et puis, finalement, c’est un peu comme un puzzle de 500 ou de 1000 pièces : on étale tout sur la table, on regarde les pièces, on prend connaissance de ce qu’on a et on se lance, progressivement une image se dessine, pièce à pièce. C’est exactement l’impression que j’ai eu : une fulgurance, nous comprenons le lien entre deux personnages, puis deux autres ensemble et le cinquième est finalement le trait d’union entre eux. Progressivement, la complexité d’une vie entière se déploie; car c’est bien ce dont il est question ici. Le passé d’Estaben Torres, ses choix personnels, familiaux, professionnels : tout a des conséquences dans cette enquête, le tout étant de savoir à quel niveau et qui en a payé le prix, car au sein de cette inextricable pelote, il est des fils plus résistants que d’autres et certains sont aussi plus prometteurs que d’autres. En résumé, j’ai adoré la complexité de l’enquête et la chute aussi inattendue que savoureuse.

Dans ce roman, rien n’est convenu. Tout est travaillé, précis. Nous mettons tout au jour : les petites bassesses, les lâchetés ordiinaires, les roueries, les mensonges, les dissimulations. Rien ne résiste à Vanina et à son équipe de choc. J’aime beaucoup Spano, qui est ici plus absent, en revanche, le commissaire Patane est toujours aussi truculent. J’aime le duo insolite que Vanina et lui forment.

Le fil directeur de l’enquête s’enrichit de multiples fils secondaires qui donnent de l’épaisseur à l’équipe policière : nous assistons à des révélations concernant Marta, concernant Vanina et son histoire d’amour complexe avec Paolo, Spano aussi a une vie privée qui déborde sur le travail…. De quoi donner de la saveur, de quoi pimenter la lecture et rendre ces enquêteurs terriblement humains.

Un des traits caractéristiques des enquêtes de Vanina reste aussi le lien à l’alimentation. Dans ce roman, une fois de plus, vous trouverez mille et unes spécialités évoquées. Il y a à la fois un art de la table et un art de l’enquête, rendant le livre terriblement vivant. Nous mangeons le livre, nous goûtons ses saveurs, nous savourons les rebondissements, comme Vanina mange ses émotions, dévore les suppositions et cuisine les suspects.

Ainsi, ce roman est une fois de plus un plaisir à lire, un plaisir exigeant mais passionnant, le lecteur est récompensé de s’être accroché, et concernant ce tome précisément : quelle fin ! La chute laisse présager un prochain tome des plus passionnants et émouvants.

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