Dreamcatcher, Stephen King.

Dreamcatchernovel.jpg       Le thème de mon bookclub de juin était : un roman de Stephen King. Jusque là, pas de souci, j’en ai beaucoup lu dans mon adolescence et je me suis dit que cela me ferait l’effet d’une cure de jouvence! Ma mère venant me rendre visite, j’en ai profité pour lui demander de m’apporter Dreamcatcher, roman que j’avais acheté à sa sortie (en 2002… sic) et que je n’avais jamais lu parce que je m’étais un peu lassée de cet univers. Des années après, cette belle couverture m’offrait de belles promesses.

      Le résumé de Dreamcatcher est assez sibyllin. Quatre amis partis chasser durant une semaine feront dans les bois une rencontre qu’ils n’oublieront pas… Accrocheur et efficace! A cette simple vue, j’ai eu envie de m’y plonger.

       Force est de constater que le roman débute lentement… mais vraiment très lentement. Il vous faudra passer par trois pages de gros titres évoquant des ovnis, des enlèvements, des interventions de spécialistes… Bref, au bout de trois pages, j’avais compris qu’il serait question d’extraterrestres. J’ai déjà commencé à lever les yeux au ciel en me demandant où ça allait me mener, même s’il n’y avait rien de rédhibitoire.

        Le récit commence alors avec chacun des protagonistes : Henry, Beaver, Pete et Jonesy, à tour de rôle et nous découvrons un ou deux épisodes succincts de leur vie, de manière séparée et éclatée. Nous avons une mésaventure de l’un en 1998, une de l’autre en 1988… bref, aucun fil conducteur. J’ajoute – en spoilant un peu- que presque aucune de ces anecdotes n’aura de réelle conséquence dans la suite du roman. Ce n’est que bien plus tard que nous aurons des flash-back intéressants. A ce stade-là, c’est plus une mise en bouche pour faire connaissance avec les personnages. Une mise en bouche plutôt déroutante et presque insipide pour moi, je le crains, car peu efficace. A d’autres moments, nous avons une narration qui nous prévient des événements futurs, et nous gâche donc le plaisir de découvrir. Je n’aime pas spécialement les commentaires « il regretterait bientôt son choix », « bientôt, il serait à l’hôpital, mais il l’ignorait encore »…

       Le reste du récit ne m’a guère plus enthousiasmée. Il faut attendre vraiment longtemps avant que le fameux extraterrestre n’apparaisse, et encore, au début, vous ne saurez pas que c’est lui. Il y aura d’abord moult éléments prosaïques puisque oui oui, l’une des créatures extraterrestre est une espèce de parasite entre le goao’uld de Stargate SG1 et le ténia. Vous imaginez donc quelle est la porte de sortie de la créature… et vous imaginez aussi qu’elle ne décide pas de quitter son hôte en toute douceur. Vous comprendrez donc les scènes auxquelles vous pouvez vous attendre. Je noterai néanmoins que la description de cette créature est assez intéressante et assez glaçante. Vous n’aurez pas de mal à vous la figurer et à ressentir un vif sentiment de dégoût et de peur. Ce sera ma petite note positive sur la question. Il existe aussi un deuxième type d’alien, les Gris et M. Gray. Seuls M. Gray est vraiment développé, mais dans un flou assez étrange, si bien que nous ne savons jamais sur quel pied danser : est-ce une entité avec un corps? une sorte d’âme qui peut s’incarner chez un hôte? L’opacité règne.

         Bien entendu,  qui dit invasion extraterrestre, dit lutte pour sauver le monde. Bingo! l’armée décide de supprimer tous les envahisseurs, d’établir une quarantaine, tandis qu’une des créatures s’empare d’un de nos héros – je ne vous dis pas comment- et tente de répandre le byrus et le byrum sur la nouvelle planète qu’il veut conquérir: la nôtre.  Et là, ce qui m’a gênée, c’est l’aspect convenu du récit. Finalement, avec ce thème les ficelles sont un peu évidentes. Une course contre la montre s’enclenche pour sauver l’humain pris en otage, pour éviter la contamination de toute la terre. Course poursuite double puisque les héros essayant de sauver le monde sont bientôt poursuivis par un fanatique de l’armée.

      Il ne faut pas moins de 670 pages pour venir à bout des créatures extraterrestres et de leurs projets. 670 pages au cours desquelles vous vous perdrez dans les méandres des souvenirs des personnages, dans leurs liens et dans leur passé (avec l’arrivée d’un ami d’enfance étonnant, différent et doté de capacités hors normes pour ne pas dire surnaturelles) , dans les découvertes de la vie terrestre et de ses plaisirs par l’alien, et dans la sauvagerie de Kurt, sorte de soldat-tyran assoiffé de carnage et de victoire.  Manque de chance, tout le tête à tête entre l’otage humain et M. Gray m’a ennuyée au plus haut point parce qu’il dure, il y a des jeux de répétitions-variations et l’ensemble traîne. Bien sûr, c’était l’élément original du roman, c’est pourquoi je vous tairai les détails afin de ne pas gâcher la découverte, si d’aventure, vous tentiez la lecture. Certains passages étaient même amusants,  je ne peux pas dire le contraire. Mais il y a avait une dimension métaphysique et psychologique qui ralentissait tout, compliquait tout et venait encore ajouter à une rythmique déjà pesante. Je crois sincèrement que les aspects originaux et intéressants de ce roman sont noyés dans le reste.

       A cela s’ajoute une langue crue et vulgaire, des effusions de sang, du sensationnel, et j’ai beau chercher, je n’arrive pas à trouver de justification littéraire à ces emplois. La gouaille, des personnages truculents ? Non. Même pas. Des pans entiers du roman ont hérissé toutes les parcelles de mon être. Et, un point de traduction m’a dérangée. Un personnage propose d’appeler le plan d’action contre les ovnis « la solution finale ». Oui, mais voilà, en français, ce terme est connoté puisque c’est le terme utilisé pour parler de la Shoah mise en place par les nazis. Du coup, cela a titillé mon oreille. Je ne suis pas allée voir en anglais quel était le terme employé donc je ne me permettrais que d’évoquer une maladresse de traduction. Mais ajouté à tout le reste, ça fait beaucoup pour mon petit cœur de lectrice. Et chose rare, j’ai du mal à trouver de réels points positifs à cette lecture. Je resterai donc sur une présentation originale des ovnis et une description intéressante du monstre. Autant dire que c’est bien trop maigre pour faire passer un tel pavé et le digérer dans de bonnes conditions. Vous l’aurez compris, le bilan pour moi sera très négatif. Cela a été long et pénible. D’ailleurs, je me suis littéralement endormie sur le livre à deux reprises, ce qui ne m’arrive jamais d’habitude.

        Ainsi, Dreamcatcher a été  pour moi une catastrophe livresque comme j’en ai peu connu et, si je regrette cette chronique négative, je ne pourrais malgré tout pas en changer une ligne. Si vous voulez tenter un Stephen King, ne prenez pas celui là, il en a écrit de très bons et j’ai de réels bons souvenirs de certains, mais celui-là résonnera dans ma mémoire par le profond ennui qu’il a fait naître. Ce n’était malheureusement pas pour moi. 

 

2 réponses sur « Dreamcatcher, Stephen King. »

  1. Hello, merci pour cette plume aérienne ! Mais il y a un mais. Je ne te vois pas souvent sur mon blog, limite jamais, normal tu n’es pas abonnée lol, j’aime bien les échanges et toi ? Bonne journée ! 🙂

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    1. Salut, désolée, mais depuis quelques temps, je suis débordée par la vie réelle, et j’arrivais juste à concilier les articles postés et le boulot /impératifs divers. Du coup, les visites sur les blogs auxquels je suis abonnée et mes découvertes de nouveaux blogs en ont très largement pâti… Malheureusement, la vie réelle passe avant la passion livresque. Je vais avoir plus de temps, je ne manquerai pas de passer voir ton blog et ton article sur Zweig! 🙂

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