Bella Muerte, Anna victoria Val.

Bella Muerte par Val       J’ai découvert ce roman un peu par hasard, en discutant avec l’autrice sur les réseaux sociaux, puis je me suis laissée tenter par cette oeuvre atypique. La couverture est en parfaite adéquation avec le titre et la quatrième de couverture, et, ce qui m’a plu de prime abord, c’est l’accent cruel qui résonne dans ce résumé laissant espérer autre chose qu’une simple romance, car si vous me suivez, vous savez que romance et moi ne sommes pas de grandes amies…

      Le thème est à la fois simple et original : Sofia est d’origine mexicaine, alors qu’elle savoure la Fête des Morts avec sa famille, elle est assassinée. Santa Muerte intervient et fait d’elle une Bella Muerte… mais cette deuxième chance a un prix. Elle a un an pour aimer, un an pour tuer et ainsi racheter sa vie.

      Tout d’abord, j’ai adoré le cadre un peu détonnant. Je n’ai que très peu de connaissances sur la culture mexicaine, et j’ai adoré être immergée dans le monde de Sofia, dans l’univers des enfants du Mictlàn aussi, dans la mythologie qui entoure Sante Muerte et son époux funeste. Le fait que l’autrice nomme aussi les choses dans la langue d’origine – tout en accompagnant son lecteur- est un petit plus savoureux. J’ai eu l’impression d’apprendre quelque chose au détour de la fiction. En plus, cela permet d’amener naturellement la part de fantastique qui parcourt le roman et qui en fait sa saveur. La romance est ici approfondie, nourrie par la dimension surnaturelle et cela la fait sortir des topos du genre. Alors, bien entendu, comme dans toute romance, certaines scènes sont attendues et rebattues – le coup de foudre, l’attirance irrésistible, la souffrance loin de l’être aimé. Mais, en même temps,  le tragique du récit lui-même empêche de basculer dans la mièvrerie. Cette alliance m’a permis d’être convaincue de bout en bout et de passer un très agréable moment en compagnie des protagonistes.

      Sofia est le personnage central. Tout se construit autour de son choix. Par bonheur, elle est très loin des stéréotypes que l’on pourrait attendre. Son statut hors norme de Bella Muerte influe sur elle, mais elle se bat pour garder son intégrité, pour rester elle-même, pour être indépendante envers et contre tous. Ses doutes l’humanisent autant que l’empathie dont elle fait preuve envers tout le monde, fantômes, familles, amis… Quant aux personnages secondaires, ils sont eux aussi amenés avec soin, que ce soit la meilleure amie ou les colocataires de Milo… Tous ont une dynamique propre. J’ai pour ma part un faible pour le libraire farfelu que je trouve mystérieux et apaisant au milieu du tumulte. Il est un peu la figure du sage, constituant un point d’amarre possible. Je ne dirai que peu de choses sur Milo pour ne pas vous gâcher la surprise. Si sa beauté irrésistible le rapproche un peu des clichés du genre, l’exaspération qu’il pourrait susciter est vite neutralisée par sa profondeur. Il n’est pas juste un physique avantageux, il a ses parts d’ombre, ses souffrances et ses espoirs aussi… qui ne s’accordent pas toujours avec les autres!  D’ailleurs, dans ce roman, il faut vous attendre à des surprises amenées par des personnages dont vous ne soupçonniez pas l’importance. Voilà de quoi alimenter quelques rebondissements intéressants!

     Enfin, l’ensemble du roman est un vrai plaisir à lire : l’histoire se déroule sous nos yeux sans accroc, nous sommes portés en avant dans la course contre le Destin entamée par Sofia. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé que l’autrice garde tout du long la coloration particulière de son livre : comme dans les contes, la cruauté affleure, enfle et éclate, un peu comme dans La Petite Sirène d’Andersen. Nous devinons une fin douloureuse, l’implacable machine tragique s’est mise en branle et rien ne peut l’arrêter… Mais reste à savoir quel retentissement aura cette chute. Je ne vous en révélerai rien, sinon qu’elle constitue vraiment l’acmée du roman. Elle remplit donc pleinement son rôle, concluant parfaitement un récit déjà émouvant, tout en insufflant de manière très paradoxale une touche de douceur au milieu du drame.

       Bella Muerte est donc une très jolie lecture, cruelle et tragique à souhait, avec ce qu’il faut de douceur et d’amour pour équilibrer l’ensemble et entraîner le lecteur dans un bras de fer contre la Mort… bras de fer dont il ne sortira pas indemne. Je sais déjà que je l’offrirai à ma sœur qui devrait adorer frisonner aux côtés de Sofia! 

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