L’Hypnotiseur, Lars Kepler.

L'Hypnotiseur par Kepler       Voici mon tout premier Lars Kepler, et sans doute pas le dernier. J’adore la couverture, et je me suis laissée surprendre, déconcerter puis captiver par ce roman étonnant.

      Le résumé donne envie : un assassinat cruel et sauvage, dans une maison de banlieue, un seul rescapé, traumatisé bien entendu, inconscient encore. L’inspecteur Joona Linna fait appel à un hypnotiseur, Erik Maria Bark, pour essayer de démêler les fils de cette enquête pour le moins résistante.

       La présence d’Erik Maria Bark fait tout le sel de ce roman. Jusque là, le meurtre cruel, sauvage, atroce qui nous était conté reste à bien des égards des éléments classiques du polar / thriller (en tout cas de ceux que j’aime!). Le projet est donc d’hypnotiser le jeune rescapé pour tenter de sauver la sœur aînée. A partir de là, nous sommes emportés dans l’univers de l’hypnose, dans ses eaux troubles. L’enquête est glaçante et très vite, nous sommes happés tant par le rythme du récit que par l’enchaînement des actions.

        C’est précisément pour cette raison que je me suis trouvée déconfite lorsque le meurtrier présumé a été arrêté et que le roman n’avait pas encore déployé la moitié de ses pages. Franchement, j’ai regardé ce qu’il me restait à lire, et je me suis dit que si le reste n’était que du remplissage, l’attente allait être très longue. Mon humeur de lectrice frustrée était donc plutôt massacrante à ce stade là, et j’ai trouvé que vraiment, jouer ainsi avec mes nerfs était profondément injuste. J’ai donc poursuivi bien que dubitative. L’intrigue est repartie doucement, a un peu patiné, puis l’enchaînement d’actions s’est précisé, un nouveau meurtre, un enlèvement et le nœud de l’enquête qui se déplace lentement mais sûrement. Pari réussi! Mon cœur de lectrice a été de nouveau conquis et, au contraire, je me suis mise à apprécier et à adorer ce jeu du chat et de la souris mis en place par l’auteur. 

      A ce stade-là, tout reste encore à découvrir : quel lien entre les deux enquêtes, le médecin et son passé est-il en cause? Qu’est-ce qui a pu déclencher un tel déferlement de colère? Tous semblent dépassés, l’affaire paraît insoluble et pourtant, un schéma se dessine peu à peu, au gré d’infimes indices et l’effroyable vérité se profile… ajoutant encore de la saveur à cette lecture pour le moins étonnante.

      Vous l’aurez compris, le rythme du récit est tout à fait original : il déçoit nos attentes pour mieux faire réapparaître la tension et l’angoisse. Tantôt échevelé et rapide, les moments calmes rompent la musique du texte pour nous offrir une respiration – les moments de l’hypnose et de l’univers d’Erik Maria Bark, et repartir de plus belle au gré des événements. Cela permet également à la narration d’épouser le rythme de l’enquête elle-même, de ses atermoiements car de piétinements en avancée, rien n’est linéaire dans ce roman.

      Enfin, l’atmosphère du livre est oppressante à souhait, les personnages émeuvent :  qu’ils nous agacent ou que nous compatissions avec eux, ils sont terriblement humains ! Quant aux criminels, ils sont complexes, torturés et font froid dans le dos. Pari réussi donc : la narration déconcertante, le personnel du roman et l’atmosphère sont d’une efficacité redoutable.

        Ainsi, L’Hypnotiseur est un thriller à vous glacer le sang! Une très belle réussite une fois que nous nous sommes remis de nos surprises.  J’ai tout bonnement adoré. 

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