Le Chalet, Catherine Cooper.

   J’ai découvert Catherine Cooper avec Le Chalet. Ce roman a attendu un certain moment dans ma PAL parce que le dernier livre que j’avais lu et qui présentait un cadre de montagne m’avait un peu refroidie et je ne souhaitais pas que cette plongée dans l’univers de Catherine Cooper pâtisse d’une lecture précédente plus mitigée.

  Dans ce roman, deux temporalités alternent : en 1998, deux frères sont en vacances à la Madrière, un jour, ils partent faire du hors piste. Un seul reviendra de cette sortie. En 2020, dans la même station, quatre personnes se retrouvent. Toutes à leur façon ont un lien avec le disparu, quatre personnes cachant des secrets, mais dans l’ombre, quelqu’un sait et entend bien agir.

  J’appréhendais un peu cette lecture. Le huis-clos dans une station de ski m’effrayait un peu, je craignais de ne pas accrocher. Force est de constater que je me suis trompée. Je me suis vite prise au jeu. J’ai apprécié de découvrir Will et Adam ainsi que Nell et Louisa, les jeunes femmes qui les accompagnaient. J’ai eu plus de mal à me repérer dans l’histoire moderne : nous trouvons une multitude de personnages, pas réellement franches et clairement très peu sympathiques pour certaines. Il m’a donc fallu apprivoiser ce microcosme avant de prendre plaisir à démêler le vrai du faux.

  L’alternance des chapitres est rapide et permet de ne pas s’ennuyer. Le récit progresse vite, les éléments d’ajoutent, les apparences se lézardent et tous ces faisceaux aiguisent notre curiosité. J’ai beaucoup aimé les révélations sur Andy – qui sont magistralement amenées-, j’ai beaucoup aimé découvrir la profondeur de certains personnages secondaires auxquels nous ne faisons pas attention au début. En revanche, j’ai trouvé un certain nombre d’attitudes et de réactions caricaturales. Simon est un personnage vulgaire, sans finesse, sa femme est un personnage assez fade. Cela illustre très certainement l’image de couple que voulait construire l’autrice, mais je ne m’y suis pas retrouvée. Andy m’a agacée également par certaines attitudes, nous ne savons pas toujours ce qu’elle veut mais malgré les soucis qui l’animent, je n’arrive pas à compatir beaucoup pour elle, justement parce que ses choix présents m’ont fait lever les yeux au ciel plus d’une fois. Le gérant des chalets est quant à lui détestable à souhait. Son personnage construit lentement l’aversion qu’il est censé susciter, et je trouve ce cheminement pertinent, cela permet de lever le voile progressivement sur sa nature réelle. J’ai apprécié ce choix d’écriture.

  Je ne parlerai pas spécifiquement de la plume, c’est une traduction et je n’ai pas été sensible à des choix littéraires et stylistiques. Cependant, l’écriture est globalement fluide et le roman se lit bien. Enfin, comme souvent, certaines scènes ne m’ont pas plu du tout, souvent des scènes d’intimité entre les personnages, cela reste un goût personnel, en effet, je déteste ce genre de scènes la plupart du temps, ce qui ne veut pas dire que d’autres ne seront pas satisfaits de les trouver au sein du récit.

   Ainsi, Le Chalet est une lecture intéressante, les révélations sont efficaces et le rythme, mené tambour battant, nous emporte et nous transporte. La chute nous saisit, nous glace et nous offre juste ce qu’il faut pour nous donner des clefs essentielles tout en nous laissant présager encore des rebondissements pour les personnages.

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