
Lorsque j’ai découvert la parution de ce roman, il était évident pour moi que j’allais le lire, et rapidement. Tout m’a interpelé : le titre, la couverture, la réalité qu’il évoque. Je ne saurais dire pour quelles raisons, mais cela a résonné en moi, immédiatement ; peut être parce que toutes ces questions trouvent un écho différent en moi depuis que je suis maman.
L’Enfant de Buchenwald est un titre assez clair : le livre offre un témoignage sur la Seconde Guerre mondiale, Romek fait partie des enfants de Buchewald, des enfants qui se sont retrouvés dans le camp, regroupés, loin des leurs, parfois seuls survivants. Il nous raconte l’arrestation, le travail, le camp, la libération, le travail de l’Oeuvre de Secours aux enfants, l’arrivée en France, la reconstruction et ses difficultés.
Ce livre, je ne le résumerai pas. Il y a trop de matériau humain, trop de choses à en dire. Il donne à voir et à entendre des destins brisés, des espoirs déçus, des souffrance innomables et innombrables, des hommes et des femmes brisés de l’intérieur, qui ont dû faire face à l’impensable. Il donne à voir et à entendre la solidarité, les liens de coeur choisis pour remplacer une famille de sang anéantie, il donne à entendre le chant de la douleur, d’autant plus intense et émouvant que ce chant reste enfermé dans les coeur et explose en mille et unes attitudes aux gammes variées. Le livre laisse affleurer le deuil impossible : deuil des siens, deuil de ses espoirs, deuil de ce qu’on aurait voulu dire et qu’on n’a pas pu, deuil d’une partie de soi, deuil de son enfance, deuil de ses rêves. Il donne à entendre la souffrance et la culpabilité du survivant, la difficile acceptation d’avoir survécu, l’envie d’oublier, la nécessité de dire. Cela illustre l’ambivalence des sentiments humains.
Chaque ligne est gorgée d’humanité dans tout ce qu’elle a de grand ou de misérable. Chaque ligne parle de l’homme, de sa résilience, de sa souffrance. Plus d’une fois, j’ai eu les larmes aux yeux, plus d’une fois j’ai pleuré, plus d’une fois je suis restée pensive face au destin de Romek : plus d’une fois, il a échappé à la mort, plus d’une fois, il a montré une force vibrante – sans le savoir-, plus d’une fois, il a été grand en se croyant misérable.
Ce livre m’a rappelé des souvenirs, des récits de ceux qui ont vécu la guerre, qui ont résisté, qui ont souffert ; et qui – différemment mais aussi de façon similaire- expriment sous les mots, cette difficulté à dire, à parler, à nommer, ceux qui laissent entrapercevoir sous leur témoignage l’impuissance de la langue, parfois, à exprimer l’ampleur du drame du coeur. Ce livre touche le lecteur droit au coeur et je sais déjà avec qui je vais le partager.
Ainsi, ce livre est un bijou d’humanité. Il émeut, touche, remue le coeur et les tripes. Je suis saisie par le destin de Romek et admirative de sa résilience. C’est une lecture éprouvante mais riche que je recommande.