A l’école des Lettres, PoPoésie

Je suis une grande fan des strip que je pouvais lire sur Instagram de l’Ecole des Lettres, je les cherchais et cela me mettais toujours en liesse, ainsi quand la parution du recueil a été annoncée, je l’ai immédiatement mis sur ma liste au Père Noël, avant d’être maman, je l’aurai achetée le jour de la sortie, mais je manque désormais de temps pour beaucoup de choses et je trouvais l’occasion douce.

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas, l’idée est à la fois simple et lumineuse : tous les grands auteurs du XIXe siècle sont réunis dans une même classe, ils se découvrent les uns les autres et apprennent à être ceux qu’ils deviendront.

Tout d’abord, je dois dire que j’ai adoré l’humour qui irrigue ces pages. Chaque auteur est reconnaissable par une petite manie, une attitude, une marotte et c’est un réel bonheur de décrypter les choses. Les jeux de mots et les allusions littéraires sont bien évidemment foisonnante, et plus d’un jeu intertextuel amuse le lecteur. Je me suis réjouie de l’inventivité et de l’astuce déployées dans ce livre pour faire vivre la littérature et les auteurs qui sont chers à mon coeur.

J’ai particulièrement apprécié les encards culturels entre les strip. Simples, brefs et efficaces, ils donnent des jalons sur les auteurs, les mouvements, ils précisent des anecdotes et des éléments clefs dans la vie d’un tel ou d’une telle. C’est aussi une façon d’apprendre sans s’en rendre compte. Objectivement, je connaissais la plupart des éléments mentionnés, vu mes études et mon métier, mais quelques passages m’étaient inconnus.

Enfin, j’adore les dessins. J’aime beaucoup la façon dont les autrices et les auteurs sont croqués. Il y a à la fois de la douceur et de l’expressivité dans le trait. Chacun des auteurs et chacune des autrices présentés dégage quelque chose d’unique. Un je-ne-sais-quoi qui colle à son parcours. Bien évidemment, le dessin se rapproche aussi de l’apparence réelle de l’artiste, ce qui fait que le lecteur peut reconnaître un tel ou une telle s’il a déjà vu son portrait. Cependant, la ressemblance avec les photos et les portraits ne suffit pas. L’illustratrice parvient à leur donner vie, à les rendre terriblement humains. Le lecteur sent les rêves, les espoirs, les désillusions, les agacements. Entre blagues de potache, apprentissage, révolution et goûts détonants, nous rions, nous sourions, nous nous amusons et ces figures illustres qui peuvent paraître bien détachées de nous paraissent soudain un peu plus proches, un peu moins inaccessibles.

Ainsi, vous l’aurez compris, j’ai adoré ce livre. C’est une façon tendre et drôle de faire vivre autrement les grands artistes, mais c’est aussi une façon de jouer avec le lecteur, de l’encourager à mobiliser sa culture, à démêler les allusions, et, de façon détournée, cette ode aux Lettres est aussi une façon de se cultiver par le détour du rire. Placere et docere disaient certains doctes du XVIIe siècle : pari réussi pour PoPoésie et pour Maïté Robert : non seulement ce livre enchante et s’avère délectable, mais il contribue à diffuser l’amour de la littérature.

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