
Cette Bande Dessinée m’intriguait depuis longtemps. Sa couverture fabuleuse et ce mot « boiseleur » ont emporté mon imagination avant même que je n’ouvre les pages.
Dans ce premier tome, nous découvrons Illian, un jeune apprenti sculpteur de bois. Il vit dans la ville de Solidor, un endroit peuplé de mille et un chants d’oiseaux car la tradition locale veut que chacun ait un oiseau en cage chez lui – ou plusieurs. Illian rêve du jour où lui aussi, il pourrait avoir un oiseau et se sculpte un petit moineau dans un rebut de bois. Mais maître Koppel qui assure sa formation, surgit, furieux, et l’accuse de le voler…
Cette Bande dessinée m’a tout d’abord séduite par ses graphismes. Les pages sont superbes. Les tons épousent magnifiquement le propos, nous sentons le bois prendre vie sous les doigts d’Illian et nous découvrons la ville à travers les yeux du jeune sculpteur. Les oiseaux – tous plus beaux les uns que les autres – sont rendus dans toute leur multiplicité, leurs chants emplissent les pages et débordent, faisant exister la musique en dehors des dessins, rendant audible l’inaudible. Le travail sur les visages est fabuleux : nous voyons véritablement se peindre sur les visages amour, désappointement, espoir et désespoir. Je suis réellement bluffée par la beauté des pages et de l’univers créé.
Le récit en lui-même est également touchant. Illian est la figure même du jeune homme attachant. Il est talentueux, il a à cœur de bien faire, de réaliser de belles choses, et son idéalisme confine à la naïveté, il voit toujours la part lumineuse des choses, jusqu’à la désillusion, mais elle est d’autant plus forte que jamais il n’a imaginé comment les autres réagiraient. Nous suivons son parcours qui s’avère être une véritable quête initiatique. Il fait, avance, se trompe, renonce, recommence et prend un nouveau départ. J’ai hâte de savoir ce que la suite de ses aventures me feront découvrir car mon cœur n’a eu de cesse de se pincer en découvrant ce que la vie lui a déjà réservé.
Illian, c’est un peu la Causette de Solidor. Talentueux, solaire, il est exploité. Son envol arrive enfin, mais trop tard pour que ses rêves puissent s’accomplir tels qu’il les avait imaginés. A lui alors de réinventer son futur, de se façonner de nouveaux rêves pour rester en adéquation avec son être intime, pour rester fidèle à sa vérité. C’est aussi sans doute ce qui m’a touchée. Illian est un personnage entier, franc et honnête, dénué de malice. Il refuse les compromissions. Il lutte, à sa façon, pour un avenir juste, pour s’épanouir sans renier qui il est.
Ainsi, le premier tome du Boiseleur est un véritable bijou. Les illustrateurs offrent un magifique écrin au texte et les deux se nourrissent l’un l’autre, offrant aux lecteurs des personnages touchants rendus vivants par des dessins vibrants. J’ai adoré.